REVUE DES REVUES 753 . , REVUE DES REVUES Littérature et Philosophie La Revue de métapbysique et de morale commence, dans son numéro de novembre, la publication d'un fragment inédit àe !'Esquisse d'une pbilosophîe, de· Lamennais. La partie publiée dans le numéro de novembre a trait aux principes généraux de la société et a l'organisation de la famille. Elle est précédée d'une fort intéressante notice de M. Chr. Maréchal qui nous permet de suivre l'évolution de la pensée du puissant écrivain depuis le temps ou il affirmait la p1:ééminence du pouvoir spirituel représenté par l'Ègli-se sur le pouvoir temporel. En réalité, malgré les apparences, Lamennais ne s'est jamais contredit. Il s'est développé logiquement, et son libéralisme, affirmé finalement dans ses articles de l' Avenir, procède de l'ultramontanisme qu'il affirmait en 1814 dans la Tradition de l'Église sur l'institution des Évêques. Cela peut paraitre paradoxal, mais si l'on tient compte qu'en bon Celte, Lamennais mit toujours ses spéculations théologiques et métaphysiques au service de ses aspirations sociologiques, la contradition disparaît. A son insu, il est fils du dix-huitième siècle dont la philosophie fut avant tout pratique et appliquée. Ce que rechercha Lamennais avant tout, et a quoi il subordonna tout, ce fut d'établir l'ordre dans la société. Quand son esprit se mit en marche, il crut trouver dans l'Église la fe'rme assise d'une construction sociale ; à mesure qu'il avança dans l'expérience des faits, il découvrit d'autres éléments, et se les appropria, ou plutôt il les appropria a la fin unique qu'il se proposait. On peut donc dire qu'il ne varia que dans l'emploi de ses moyens, mais que son but qemeura toujours le même, ce qui fait qu'indépendamment de la valeur propre de ses spéculations, il fut, - com_me les hommes du dix-huitième siècle, et on pourrait dire :
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