7r2 LA REVUE SOCIALISTE sociale capables de travailler et les feront appeler pour leur offrir une occupation en rapport aYec leurs connaissances et leur force. La plupart accepteront; ceux qui refuseront continueront à 1-cccYoirles secours de l'assistance sociale. Il se trouvera sûrement un certain nombre d'êtres assez dégradés pour se contenter de ces secours et refuser de traYailler. Ceux-1:\ seront les rebuts de la sociétc et il ne faudra pas se plaindre qu'ils se classent d'eux-mêmes en dehors de l'armée des traYailleurs. D'ailleurs leur existence de parasites sera de courte durée : la transportation sera bicntàt organisée, non comme pcnalité, mais comme mesure de salu- • brité morale, et aprcs une nouvelle mise en demeure de travailler accompagnée de l'indication des conséquences d'un refus persistant, 011 enverra tous ces paresseux da11s les colonies où ils ne seront nour- ·ris que s'ils se décident à faire œuvre de leurs mains. Ceux qui rachèteront leurs torts par une bonne condui.te seront ramenés en France. Aux colonies ils seront d'ailleurs traités avec humanité. Cette mesure débarrassera la société de ces ferments de vice et de crime qui actuellement compromettent sa sécurité. Il restera, pour les bureaux du travail, à répartir tous leurs éléments disponibles dans les emplois où ils seront nécessaires. Ce ne sera pas trés compliqué parce que tout aura été réglé d'ayancc. On connaissait le nombre des personnes rendues disponibles par la suppression de leur ancienne profession. On connaissait, par les professions mêmes qu'elles exerçaient, leurs aptitudes. Leur classement ne rencontrera donc aucune difficulté. La surabondance de main-d'œuvrc masculine, si elle existe, pourra d'ailleurs être employée à supprimer en tout ou en partie le travail des femmes et des enfants. L'augmentation des salaires ne pourra, au début, être abordée qu'avec une extrême prudence, de peur de rompre l'équilibre entre la production et la consommation. On se bornera à élever un peu les plus faibles. Mais la suppression des chàmages et les secours donnés aux femmes et aux enfants, si minimes soient-ils, amélioreront très sensiblement la situation des travailleurs. La journée de huit heures est réclamée avec instance par les ouvriers; mais il est a peu près impossible de l'obtenir dans la société actuelle. La nation, réglant les conditions du travail, en régime socialiste, n'éprouvera aucun embarras a adopter ce chiffre. Plus tard elle pourra descendre bien au-dessous. Pour les cultivateurs il faudra, bien entendu, tabler sur des moyennes, car leur profession exige, à certaines époques de très longues journées, compensées ensuite par des repos. L'organisation provisoire du travail durera jusqu'à ce que tou•s les changements résultant de la transformation sociale aient été opérés et
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