\ L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTlVISTE 71 I prises, d'ailleurs, pour empêcher en France toute émission de titres étrangers. Peu a peu la confiance naîtra et les possesseurs d'or et d'argent viendront l'échanger contre un capital en papier monnaie ou une rente. Nous connaissons d'ailleurs plus d'un moyen d'attirer dans les caisses de l'État, sans violence, l'or et l'argent des particuliers. Si nous ne les indiquons pas c'est que leur divulgation nuirait à leur efficacité. L'argent, beaucoup plus disséminé que l'or, rentrerait presque complètement dans un bref délai par le simple mouvement de la consommation. TRAVAIL ET SALAIRES Ce ne sera pas ~ne mince besogne que de régler le traYail dans la période transitoire, de façon a éviter toute déperdition de forces. On n'y parviendra pas aussi parfaitement que quand les nouvelles institutions auront pris leur fonctionnement normal; cependant le désordre sera très circonscrit, ainsi qu'on va le voir. ,,, D'abord tous les· producteurs actuels continueront a travailler comme par ie passé, les ouvriers à l'atelier, les cultivateurs aux champs, ainsi qu'on va le voir un peu plus loin quand nous parlerons de l'industrie et de l'agriculture. Seuls les intermédiaires, les titulaires de fonctions devenus inutiles et les anciens propriétaires et rentiers viYant de leurs revenus formeront l'armée des oisifs, et a supposer qu'on n'utilise leur concours pour la production que d·ans une faible mesure, du moins la production, conservant tout son ancien effectif, ne sera pas affaiblie. En principe nul ne sera contraint a travailler; cependant le refus du concours de certains chefs d'industrie pouvant produire une certaine désorganisation, le droit de réquisition devra, ainsi que nous l'ayons dit, être réservé a l'État; mais on en usera rarement, car les emplois disponibles ne manqueront jamais de postulants aptes a les remplir. • Les bureaux du travail inscriront sur leurs registres toutes les personnes qui, sous l'ancienne société,_ occupaient une position quelconque, mais qui n'avaient pas,de fortune, de sorte que la transformation qui supprîme leur emploi les réduit aux secours de l'assistance sociale. Celles d'entre elles qui ne voudront pas rester dans cette ajtuation inférieure feront une demande d'emploi; on fera en sorte de leur en donner un qui rentre dans leurs aptitudes et on leur assurera a peu pès le même traitement qu'elles touchaient précédemment. Ce sera très équitable et i.l n'en résultera aucune augmentation de la consommation puisque les traitements resteront les mêmes. Les bureaux du travail dresseront la liste des clients de l'assistance '
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