LA RE\"LTE SOCIAI.ISTE que des ressources de la société actuelle, devra être prudent et n'appliquer que graduellement son programme. En tout cas le strict nécessaire sera assuré ù tous dés le premier jour. Les îcmmes et les enfants qui travaillent et qui ne seront dispensés du travail qu'un peu plus tard ne reçoivent pas de secours, à moins que le chef de la famille ne soit décédé; pour les îemmes et les enfants qui ne travaillent pas, le chef de famille reçoit une augmentation de salaire d'abord légérc mais qui s'élévera avec la production. Les timorés trouveront imprudente cette distribution de secours qui, dans les premiers jours, sera presque sans contrôle. "Noussavons bien qu'elle donnera lieu à quelques exccs, d'ailleurs de courte durée; m:iis nous aimons mieux Yoir des individus sans scrupules abuser de la libéralité du gouvernement socialiste que de s:ivoir qu'il a laissé des malheureux dans le dénûment. Cc sera son honneur d'aYoir tenu sur ce point ses promesses sans le moindre retard, il gagnera ainsi la confiance de tous les honnêtes gens. Mais n'éprouYera t-on aucun embarras à faire face ù l':iccroisscment de la consommation qui résultera de ces secours ab011da111s? On pourrait d'autant plus le craindre qu'une autre cause d'élé,·;ition de la consommation agira parallélement à la précédente : cc sera l'augmentation des salaires et la suppression du chômage, qui mettron_t à la disposition des familles ounicres des ressources considcrables qu'elles emploieront en grande partie à amcliorer les conditions de leur existence. Mais le rapport de cette double augmentation ,\ l'ensemble de la consommation habituelle restera quand même assez faible: dans la société actuelle peu de personnes n'arrivent pas;\ se procurer tant bien que mal le strict nécessaire; s'il en était ~utrement on trouverait par milliers des gens morts de faim, comme dans les siécles précédents. Or il suffit d'un léger supplément pour donner l':ibondance à quelqu'un qui avait <lep presque le nécessaire. La consommation du pain et des légumes n'augmentera pas beaucoup; celle de la viande et du vin montera daYantage. D'ailleurs quel que soit le supplément, il faut le trouver et si la production française n'y suffit pas, nous aurons de l'or pour nous le procurer ;\ l'étranger. Des mesures énergiques seront prises; de fortes sommes seront mises à la disposition des chambres syndicales de l'alimentation et leurs membres menacés de peines sevères, si par négligence ou mauvais Youloir, ils n'assurent pas la quantitc de produits nécessaires ù l'approvisionnement public. Au surplus bien des branches de la production nationale pourront recevoir immédiatement une actiYité plus grande et faire face ù tous_les
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