L' APPLICATIO:'.'< DU SYSTÈME COLLECTl\'ISTE se détacher de plus en plus des polémiques personnelles et d'éviter des Yiolences de langage qui profitent raremeut à notre cause. Sur le terrain parlementaire, renonçant à poursuivre des réformes qui seront toujours imp0~5ibles ou illusoires tant que durera le règne du capital, ne demandant aux ministères bourgeois que la liberté de travailler en paix à la diffusion de leurs idées, ils se borneront à dénoncer en toutes circonstances la misère et l'impuissance de la s-ociété actuelle et à lui opposer la splenôeur du socialisme; mais ils ne déposeront aucune proposition de loi;- affirmant par cette abstention dédaigneuse que notre royaume n'est pas de ce monde. Reste l'élaboration de nos institutions qui ne peut être l'œuvre d'un seul homme, quelle que soit sa valeur. Il faudra la confier à une commission d'études composée des membres les plus intelligents et les plus dévoués de notre parti. Elle devra comprendre des spécialistes qui descendront aux détails de chaque service, des synthétistes qui coordonneront leurs travaux, des juristes qui les condenseront en articles de loi. Nous apportons dans cette étude le squelette d'une organisation; remaniée au besoin elle peut servir de base aux travaux de la commission d'études qui précisera les solutions simplement indiquées ici. Nous croyons fermement que saris les traYaux préparatoires d'une telle commission, le parti socialiste ne sera j.1 111ais en mesure de gouverner selon ses· principes. Nous recomma,:.lons- donc notre proposition au bon ·accueil de nos amis: l'avenir en dépend. Supposons donc que cette commission ·ait été constituée, qu'après de longues années de recherches elle ait achevé son œuvre, que le parti socialiste soit mûr pour prendre le pouvoir, et nous allons voir par quelle série de mesures, également arrêtées d'avance, il réussira à effectuer sans troL1ble, sans hésitation, sans délai, le passage d'un régime à l'autre. Toutes les difficultés que pourra rencontrer l'application du système collectiviste seront accumulées dans la transition. On aura à lutter non seulement contre l'extraordinaire complication d'un travail auquel il faudra faii;e face bien et vite, mais contre les obstacles de toute nature qu'y apporteront le mauvais vouloir des capitalistes, l'inertie et !'_ignorance des masses. Ce sera vraiment pour notre parti la période critique, et s'il franchit heureusement cette passe. dangereuse, il n'aura plus ensuite qu'à naviguer sur une mer calme. Ce qui doit nous rassurer c'est que ces difficultés seront en raison inverse des soins que nous aurons apportés à notre organisation. Or comme tout aùra été longuement étudié à l'avance, le rôle.,de l'inattendu sera limité à des incidents sans importance. 45 • \
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