La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

62 LA REVUE SOCIALISTE les brodeuses sont également sujettes aux déformations de taille et aux maladies de poitrine. Les empoisonnements sont nombreux chez les ouvriers. Ceux qui travaillent le plomb, le mercure, l'arsenic, le phosphore, l'alcali, etc., succombent souvent des suites de maladies contractées durant leur séjour a l'atelier. . / Les ouvriers des mines de plomb sont rarement épargnés par ce dangereux métal. « Les hommes qui préparent les couleurs à base de plomb, minium, litharge, céruse; les peintres en bâtiments, les typographes, les vitriers, les fabricants de cartes glacées, fournissent de nombreux malades, disent les auteurs précités; beaucoup d'autres professions exposent aux accidents du saturnisme. Ces malades, profondément anémiés, sont exposés à de terribles coliques dites coliques de plomb. Ils présentent encore : du tremblement des mains, des paralysies des avant-bras, de l'atrophie des muscles et de violents accidents cérébraux semblables a des attaques d'apoplexie. » Le mercure atteint surtout les étameurs de glace, les argenteurs, les doreurs sur métaux, les· chapeliers, les fleuristes, les bijoutiers, etc. Ses victimes perdent leurs dents. Leur salivation est abondante, leur bouche ulcereuse. Ils sont atteints de tremblements nerveux, de bégaiement, de paralysie, de gâtisme, de folie. L'arsenic agit sur un grand nombre d'ouvriers. C'est dire que ses victimes sont légions-:- Les apprêteurs d'étoffes, les fleuristes, les ouvriers en papiers peints sont sujets à des érythèmes, a des pustules, à des furoncles difficilement guérissables. Les empailleurs, les peaussiers, les ouvriers des mines de fer, de cuivre, de cobalt, de zinc, etc, ont a redouter, « une anémie profonde avec teint terreux de la face, du manque de forces, la chute des cheveux et des ongles, l'apparition, sur la peau, de taches bronzées, d'ulcérations; un tremblement continu, des paralysies des jambes, une impuissance générale fréquente. >> (Misèreet Mortalité.) Le phosphore atteint les ouvriers employés à la fabrication des allumettes. « Irritation des poumons, jaunisse, maux de tête, engourdissement des membres, tels sont les accidents qu'il provoque. Le plus grave est la nécrose phosphorée, qui apparaît chez les ouvriers maniant le phosphore, soit après quelques mois, soit aprés plusieurs annees d'intoxication. Les gencives gonflent, les dents tombent; des abcès se forment dans la bouche et des fragments osseux des ,mâchoires sont éliminés avec le pus. Toute la mâchoire inférieuÇe peut ainsi <c fondre >> et la mort peut survenir. >> (Id.) On aurait tort de croire que la nécrose phosphorée est une maladie •·,,re chez les ouvriers des manufactures d'allumettes. Sur 620 ouvriers \ .

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