La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE maison sur ses plans, à condition que son emplacement ne soit pas nécessaire à un service public. Ceux qui voudront se payer cette-fantaisie verseront le montant du devis et n'auront plus à payer de loyer leur vie durant. A leur mort l'État rentrera en possession de l'immeuble. Nous ne croyons pas que les plus farouches libertaires puissent nous accuser de despotisme. Cependant c'est avec une bien grande mauvaise foi que, la plupart du temps, nous sommes combattus; on dénature nos intentions et nos doctrines et on nous présente au public sous un jour aussi fantaisiste que défavorable. Il faut dénoncer cette odieuse tactique et flétrir en passant l'opuscule dans lequel elle s'étale aYec le plus d'impudence. Nous voulons parler du petit livre d'Eugéne Richter, Où mène lesocialisme. Cette brochure allemande se trouve tout particulierement du goût de nos bourgeois patriotes et anti-internationalistes, car apres en avoir fait faire une traduction présentée par M. Leroy-Beaulieu avec une préface laudative, ils en ont publié, à l'occasion des dernieres élections législatives, une adaptation française dont ils attendaient sans doute des résultats plus décisifs. Nous devons citer quelques passages de l'œuvre de Richter; on verra, en les comparant à notre organisation, que son auteur a constamment travesti la vérité : Dans la société collectiviste dont il présente le tableau, tous les journaux sont supprimés, sauf !'Officiel. L'obligation au travail est universelle pour les hommes et les femmes, de 21 à 65 ans. Les salaires sont égaux pour tous; la durée du travail est égale . pour toutes !es professions. , Les repas sont pris obligatoirement en commun dans les cuisines nationales du district. Des hommes de loi sont entretenus gratuitement par l'État et doivent consacrer gratuitement leurs services au public. Les malades sont transportés obligatoirement dans les hôpitaux publics. Les femmes, astreintes au travail, sont déchargées des soins du ménage ; leurs enfants sont envoyés dans des créches. Les logements sont tirés au sort périodiquement; mais les déménagements ne sont pas dispendieux, car l'État a commencé par s'emparer des trois quarts du mobilier de chacun pour meubler les bâtiments affectés aux services publics. Le mariage n'étant pas reconnu, non plus que la famille, l'homme, la femme et les enfants sont dispersés au hasard du tirage au sort des logements, et même envoyés parfois dans des villes différentes. La production diminue des deux tiers! ...

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