688 LA REVUE SOCIALISTE nisme dont ils voudraient nous flétrir tombe encore à faux; il nous sera aisé de démontrer leur erreur, ou plutôt, car l'ignorance de certains d'entre eux est feinte ou exagérée, leur mauvaise foi. Dans un article déjà signalé plus haut. (Revue politique et parle111e11/aire, octobre 1896, Le 111011ve111e11t socialiste), Bourdeau écrit : « Le parti a n:digé en 1892 i Marseille un programme en opposition formelle aYec la théorie marxiste .... )> De même d'Eicbthal (même revue, Le socialisme elecloral, octobre r898), estime que nous manquons de loyauté, et que,de peur de faire peur, nons en sommes arrivés à n'être plus que « des dresseurs de picges ù paysans >). Enfin, Deschanel s'adressant directement à nous, comme pour nous adjurer d'être <l'accord avec les fondateurs du socialisme, s'écrie: « Cette petite propriété qui apparaissait nagucre comme un mode de production suranné, comme un obstacle :1 la réalisation <le l'idéal socialiste ... voilù que vous Yous sentez pris tout i coup pour elle d'une inexprimable tendresse; elle est sacrce !... « li y a contradiction entre votre sollicitude pour elle, et la condamnation que Yous en faites. » Naturellement, on a fouille en conscience les écrits de M,nx et d'Engels pour y trou\'er des armes, et la phrase qu'on cite le plus volontiers est la suivante, empruntée i Engels : « Si l'on veut maintenir la petite propriété d'une maniére permanente, on sacrifie les principes et l'on deYient réactionnaire. >> Sans que nous multipliions nos extraits, nos lecteurs sont édifiés, pensons-nous, sur les griefs qu'on formule contre nous : nous voulons maintenir la petite propriété; par là, nous allons ù l'encontre des principes formules par les maîtres de la pensce socialiste; donc nous sommes des déserteurs et des perfides. Examinons. Le Congrès de Marseille de 1892 a étudié avec le plus grand soin le problème agraire, qui, en effet, mérite à cette heure toute notre sollicitude. Eclairé par une enquête qu'il avait prescrite dans les agglomérations rurales, le conseil national du parti ouvrier avait préparé un programme d'ensemble qui fut adopté. Nous ne voulons pas exposer point par point ce plan d'action qui comprenait, entre autres mesures, l'établissement du salaire 1111111mum, l'institution de prud'hommes agricoles, l'interdiction d'aliéner les biens comnrnnaux, l'achat de domaines par les communes, et leur attribution à des familles non possédantes, usufruitières et travaillant elles-mêmes, à l'exclusion de tout salarié, la réduction des baux en cours par des commissions d'arbitrage analogues à celles que Gladstone avait réunies en Irlande, etc .... Bref, le programme agraire de Marseille avait été conçu en vue d'assurer la p~nétration de nos idées dans la démocratie I
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