L'ACCORD POvR LA \'IE DA~S LES SOCIÉTÉS A:-:DIALES 6ïI acceptation volontaire, d'un libre choix. Une étude même superficielle Jes faits q·ue révéle l'histoire naturelle des associations conjugales formées par les e~pèces animales justifie, croyons-nous, notre remarque. Dans certaines espéces, la promiscuite indifférente et transitoire est la régie. Par exemple, les associations des gastéropodes de nos eaux douces dans la saison des amours semblent plutôt fortuites que recherchées par ces mollusques, et même les associations d'acéphales fixes, malgré leur permanence, sont encore superficielles, car la réciprocité Jes services et la division du traYail en sont absentes. Dans l'embranchement des Ycrtébrés, il arri\'c également que, chez les chiens sauvages par exemple, mâles et fc111clless'unissent au hasard des caprices et des rencontres et ne prennent aucu;1 soin <les jeunes. Mais dans d'autres ·cas, il y a échange de services, solidarité, aide et protection entre individus durant une période plus ou moins longue Je l'existence. Les associations familiales des hyménoptères sociaux, abeilles, guêpes, fourmis et termites, dans les nids ou ks ruches dcsquels la préoccupation capitale est d'assurer le développement des nymphes et des larves, sont bien connues. Dans le règne des Yertébrés, les couples peuyent aussi rester plus ou moins longtemps unis, en d'autres termes, la socicté conjugale peut (tre temporaire ou permanente. Tantot elle Jure pendant la période Jes amours et celle Je l'élevage des jeunes, co111rnechez les bœufs sau,·agcs; tantôt clic ne· prend fin qu'à la mort, comme ch1:zles espéces monogames, qui sont parmi les plus élevées Liela série zoologique, oiseaux et mammifères. Ce progrés de la promiscuité à la monagamic ne saurait s'expliquer par des considérations purement ph)\Siologiques. Qu'il faille y voir une •conséquence d'un choix de plus en plus libre, la psychologie le prou,·c aussi. En effet, dit en substance l\1. Espinas, les êtres rapprochés dans la société conjugale ont été d'abord indépendants l'un de l'autre, et l'instinct sexuel, qui d'ailleurs n'est pas purement physiologique, ne suffit pas à expliquer leur union. Chacun des individus Joit a\'oir « la connaissance et le discernement» de l'autre. La socicté qu'ils fondent a de ce fait sa raison dans une représentation mentale, c'est-à-dire dans un phénomène psychologique, et elle est le résultat d'un libre choix, puisque « dans la plupart des cas une autre union aurait été possible». Si l'association persiste pendant un temps plus ou moins long après la saison du rut ou la période des amours, ou si les parents continuent la vie commune dans le but d'éle\'er les jeunes, il semble que plus que jamais la Jurée de l'union implique un acte de volonté et la réciprocité d'une entente plus ou moins explicitement consentie. L'exécution·d'un travail, encore plus divisé que dans les sociétés précédentes, entraînant la subordination et parfois une sorte de Mlégation des fonctions, ne serait pas non plus explicable sans l'intervention
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