I.A RE\'CE SOCIALJSTE <l'éducation se multipliaient, naquit naturellement l'idcc de les cw/raliser. On redoutait, dans de petits groupes, un éparpillement des forces, et Oil crop.it que l'institution des clubs pourrait favoriser l'apparition de cliques dans le parti. Ces craintes furent de différents cotés fréquemment exprimées publiquement. Ajoutons que la question de sa- \'Oir si une institution de grand style ne dcYait pas être créée fut naturelkment discutée, et discutée à fond, dans les clubs eux-mêmes. La penscc d'une Université ouvrière exerça de nouveau son action séductrice. On se repn'.:scntait L1 réalisation de cette pensée comme devant n:sultcr de la mise en commun, par les clubs Je lecture et de discussion et par les sociétés <l'éducation proprement dites (plusieurs sociétés purement politiques ctaient aussi désignée~ de ce dernier nom), de leur fonds de li,·rcs et d'argent, et <leleur absorption en une nouvelle fond,1tion. En janYicr 1891, on examina de plus prcs la question au point de \'Ue pratiLJUe.Pour le 16 janvier, une réunion populaire fut convoquée : Li Lips-Bm11en·i, réunion qui deYait exécuter les décisions prises dans une réunion pn'.:céc.lcnterelati\'cmcnt à la fondation d'une D·olc d'/d11ca!io101 1vrière. Cc ll\~tait pas un homme de moins d'importance que Wilhelm Liebknecht qui a\'ait fait de la réalisation <le cc projl'.t sa chose. Il exposa h question dans la rcunion ù laquelle as;istaient plm de -1-,000 personnes. Et comme il parla! A\'f:c le feu de jeunesse qui lui est propre, le « ,·ieux soldat de la liberté » plaida potlr la fondatioll de l'Ecole d'ed11calio1o1wurière. Le même enthousiasme qui :,'/:tait manifesté lors de la fondation du Thé;\tre du Peuple rcgnait encore ici. Il bouillonnait par moments d'une façon tout à fait tempêtueuse. Liebknecht tr,1çar,1pidernent le programme suivant: « L'Ecole ,/'/d11rnliv10111vrière ne doit pas se limiter dans l'enseignement i quelques spéci.1listcs; elle doit fournir cc que l'ccole a ncgligé; mais elle doit, non pas foire de l'ouwier un savant et lui charger l'esprit Je choses supcr0ucs, elle doit avant tout le préparer à la lutte pour l'affranchissement de la société. Il faut que les ouHiers comprennent qu'ils doi- \'Ctlt s'aider eux-mêmes, qu'ils doivent veiller eux-mêmes à leur <lévcloppcmcnt dans le domaine intellectuel. Et cc d~veloppcrnent intellectuel est de la plus grande i111portancc. » .\insi parla Liebknecht. - Dans le journal de fête publié en 1892 à l'occasion de sa première fête de fondatioll, le Conseil de l'Ecoled'éd11calio1o1uvrière dit:« Liebknecht fut le père spirituel de l'Écolc, tandis que sa mcre fut l'enthousiasme <leL1classe ounièrc berlinoise. » Cette image exprime la juste gratitude qu'il faut tt'.:moignerau« jeune vieux», pour lc.:sefforts passionnés qu'il a consacres à la fondation de !'École et à )'École même. Liebknc.:ht en prit toujours tendrement soin, en quoi il se distinguait de quelques autres camarades cminents, comme par exemple J. Auer. Cependant l'historien objectif ne peut pas s'approprier cette éompa-
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