La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE s'était tourné Yers une espèce d'anarchisme moral, et ses amis du Conseil et du Comité furent l'objet de nombreuses récriminations. Avant tout, on fit à \\ïlle le reproche d'être un aristocrate. Or, le procédé par lequel des fanatiques du parti, d'esprit étroit, cherchérent ;\ l'abaisser, détermina environ 100 à I 50 démocrates socialistes à s'associer à lui et à collaborer à la fondation d'une société analogue à celle qu'il quittait. V l\OUVEAU THÉATRE LIBRE Dt; PEüPLE La scission ne nuisit pas au développement des thét1tres libres; au contraire, elle lui permit de faire des adhésions encore plus nombreuses dans les masses qui s'étaient follement tenues à l'écart par antipathie contre l' « anarchiste » \,Ville et quelques autres. Le « Thcàtre libre du Peuple», à la tête duquel se trouvaient maintenant le docteur Franz Mchring, le statuaire Dupont et Julius Türk, vit s'accroitre si rapidement, en un temps relativement court, le chiffre de ses adhérents, qu'il forma finalement sept sections. Et à son tour, le« ;'Jouveau Théâtre libre du Peuple ,, put aussi, dès le début, organiser deux sections. De larges milieux populaires s'intéressaient maintenant aux théùtres du peuple. Cc n'étaient plus seulement des ouvriers organisés, les militants de la lutte quotidienne, bien que ceux-ci et leurs proches formassent la majorité. En tout cas les travailleurs aux sentiments libres et les ('(hommes cultivés" en contact avec eux avaient accompli ici une œuvre considérable de civilisation en habituant les masses à un bon thé,'1tre. Il faut dire, en outre, à la louange du « Nouveau Théâtre libre du Peuple ,,, que par l'organisation de concerts d'une grande sévérité artistique, il s'appliquait et s'applique encore maintenant à élever le goût de ses membres. Il offrait, par exemple, pour un prix d'entrée modéré, d'excellentes soirées de musique de chambre jointes à la déclamation de productions littéraires délicates. Un nouveau danger apparut en avril 1895, non seulement pour les théâtres du peuple, mais pour toutes les grandes sociétés dramatiques. La·préfecture de police de Berlin, à l'instigation du ministre von Koller, lança contre les deux Théâtres du Peuple ainsi que contre le « Théâtre libre» et contre une société analogue, le« Théâtre d'essai,,, des ordonnances d'aprés lesquelles les représentations de ces sociétés devaientêtredésormais oumises à la cenrnre. La police considérait les représentations comme publiques et la Haute Cour Administrative adopta le 3 janvier 1896 cette conception. Et cela pour un motif

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