LA REVUE SOCIALISTE s'abandonnaient, oui, ils s'abandonnaient même a~ec passion en une attention haletante, avec un sérieux profond, plein d'intelligence, mais aussi ayec un sourire non moins intelligent, à la colcre morale et à / l'amére satire de l'apôtre de la Yéritc, de l'apôtre du Nord. On sentait comme cc poète empoignait véritablement ce public dans son sentiment le meilleur et le plus profond, comment, loin de lui faire simplement un jeu friYole d'un intéressant problème, il l'entrainait réellement aprcs soi. » Hartleben rappelant le mot : « Le poète doit aller au peuple » ajoutait : « Mais si seulement le peuple va au poète, s'il abandonne les friYolcs et grossiers amusements des bastringues et jette au feu les honteux romans de colportage, s'il s'habitue à chercher dans l'art le sérieux qn'il cherche et trom·e d'ailleurs dans la vie publique, maintenant qu'il a appris qu'il peut l'y trouver, les poètes peuYent s'écrier aYec Gœthe: Alors tin beau jour nous serait donné en partage. Alors nous célébrerions notre âge d'or l « Les poctes ne seraient les plus favorisés d'une petite minorité comblée de richesses; soutenus par l'intelligence et l'enthousiasme de t0Ut un peuple, ils puiseraient à la nouvelle alliance une nouvelle, une puissante impulsion pour leur production, une fraiche et puissante incitation a uneactivitc joyeuse.» Ainsi parlà O.-E. I-Iartleben. Le nombre des membres du Théàtre libre du Peuple grandit au point que déja deux mois plus tard, en décembre, une seconde section, et, en mars 1891, une troisicme durent être organisées. Les membres de chaque section avaient chaque mois une rcpn'.:sentation. A la fin de la premicre année de la sociétc.'.:3, ,940 membres aYaient été inscrits. Il Yasans dire que les femmes prirent part en trcs grand nombre ù cette institution. Pendant la premicre année on exécuta à côté des So11tie11dse la Société: Avant le lever d11soleil, de Hauptmann; U11 E1111e11d1i1Peuple, de Ibsen; de Schiller, Cabale el Awour; L' Ho11ue11r, de Herrmann Sudermann; Le Se,J, de Pissemski; Le Paradis Perd11, de Ludwig Fulda; Pas de cbq soi, adaptation du poème de Fritz Reuter; Do11bles11icirle, farce campagnarJe de Ludwig Anzengruber, poète qui oppose constamment à une religiosité cafarde, surtout au catholicisme, une humanitc joyeuse et très naturellement naïYe. La deuxième année de la socicté, on représenta : Liw de Je1111esse, de Henrik Ibsen; Maria Magdale11a, de Friedrich Hebbel; Le Revise11r, de Gogol; Débâcle, de Max Halbe, le poéte de Jeu11esse;Le Pasteur de Kirscbfeld, de Anzengruber; Thérèse Raqui,1, d'Emile Zola; L'Esclave, de L. Fulda et Fa11tômes, d'Ibsen. La recette totale s'éleva dans la seconde année à 17,325 marcs, la dépense totale à 16,807 marcs. L'enthousiasme resta toujours le même.
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