• ' CGLTC'RE INTELLECTVELLE Dü PROLÉTARIAT BERLll\O1S 65 I tion qu'une culture artistique développe une culture morale. Je la formule encore aujourd'hui, mais d'un autre point de vue. On s'est plaint parmi les bourgeois que la masse fût trop exigeante. Mais toute convoitise est l;n levier de civilisation. Non seulement la convoitise matérielle, mais encore la convoitise intellectuelle est une vertu. Le « Théâtre libre du Peuple» peut être considéré comme une émanation de cette dernière. Il doit amener le prolétariat· à ·goûter l'art naiment noble, il doit contribuer pour sa part à élever la vie du peuple. Le monde actuel forme une dissonnance aiguë avec cette revendication : « Que l'art appartienne au peuple ». Les théâtres actuels ne sont que des maisons de négoce dans lesquelles on fait de l'argent. (Assentiment.) On n'y donne pas de piéces qui élèvent le goût du peuple, mais seulement des piéces qui remplissent la poche du directeur. D'art véritable il n'est pas question. En outre, le prix des places interdit déjà l'entrée au prolétaire. Eh bien, comment remédier aux inconvénients indiqués? Il y a la voie politique et la voie syndicale. _ Mais elles sont trés longues. -En tant qu'hommes ayant des besoins pourle présent, il faut que nous assurions d'abord le présent. Il faut fonder une société qui exécute des piéces bonnes, pénétrées d'un nobfe esprit populaire, de l'esprit de la vérité. Je ne crois pas me tromper en admettant que la majorité se décidera pour des piéces nées de la pression de la vérité et appartenant à la tendance que l'on désigne du nom de (< réalisme», pour des piéces dans lesquelles vit l'esprit·du temps présent, avec ses idées et ses luttes, s'occupant du probléme du présent. Je pense à des piéces d'Ibsen, Hauptmann, Tolstoï, Holz et Schlaf et autres poétes (( naturalistes >> modernes. Cette direction artistique correspond précisément au mouvement ouvrier socialiste. Si maintenant des feuilles bourgeoises disent, dans leur délire, qu'on veut fonder un théâtre démocrate socialiste, cela est inexact, en tant que les piéces indiquées ne sont absolument pas des piéces de parti, bien qu'un souffle socialiste vive en elles. Notre théâtre libre du peuple doit être bon marché et exercer une action éducatrice sur la classe. ouvrière, sur le peuple. Avant la représentation la piéce doit faire l'objet d'une conférence. Ce sont des artistes de talent qui doivent les jouer. (Assentiment genéral.) La question du local n'est pas trés difficile. Plusieurs directeurs sont prêts à mettre leur théâtre à notre ·disposition pour un prix assez faible. Le taux de la cotisation doit être abandonné aux ressourèës des membres, cependant pour chaque représentation une cotisation minima de 50 pfennigs est nécessaire. Les fondateurs ne veulent pas essayer de placer leurs propres piéces. Ils ont appris à admirer les grands bes0ins de culture du peuple; ils veulent lui pré-senter uniquement un art populaire et attirer en lui la convoitise intellectuelle, qui forme un puissant levier de civilisation. » (Vif applaudissement.) {
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