LA REVUE SOCIALISTE au premier assaut de la tempête, s'en trouYaicnt plusieurs de différentes villes, telles gue Dresde et Leipzig, qui s'appelaient expressément « Sociétes d'éducation ouvrière >> ou encore « Societes d'éducation ouvrière pour adultes >> (Arbeiter Bild1mgsverei11e t Arbeiter-Fortbild1111gsverei11e >>. Ainsi, alors dcjà, dans la classe ouvriére organisée, on pensait d'une façon speciale à l'education:Mais les sociétés politiques et les sociétés professionnelles ne négligeaient pas non plus la culture intellectuelle de leurs membres. Le mouvement ouvrier allemand a toujours considéré comme un de ses devoirs les plus essentiels, d'étendre l'horizon intellectuel des masses ouvrières. Marx et Engels, ainsi que Lassalle, en avaient pénétré la conscience de leurs compatriotes. Cependant par l'effet de la loi sur les Socialistes, la tendance au travail intc.Uectuel, qui s'éveillait chez beaucoup d'ouvriers, fut dirigee aussi vers d'n11tresdo111ni11qeuse celui de ln scie11cesociale et politique. Toute activité nouvelle dans la vie intellectuelle publique fut écrasée comme un danger communiste; la presse socialiste, là où clic n'aYait pas cté ruinée par la police, était livrée à toutes sortes de tribulations. La vie si active des sociétes fut pendant des années paralysee. i\,faisle premier mouvement de terreur surmonté, la propagande secrète commença. On se tira d'affaire aussi bien qu'on put et même, a,·ec le temps, on s'organisa tout à fait bien. Le rapprochement intime d'hommes aux mêmes sentiments et aux mêmes aspirations fut par là prodigieusement favorisé. Tout naturellement les rencontres fréquentes, cordiales, dans de petits groupes, etroitement unis par l'effet du danger constant, conduisait, après la cl6turc des « travaux pratiques ll, à un échange animé d'opinions sur les phénomènes et les choses de tous les domaines possibles de la Yie publique. Des gens ayant les mêmes goùts s'unirent bient6t plus étroitement les uns aux autres: amis du théàtre et de la littératur,', hommes s'intéressant aux derniers resultats des sciences de la nature; ensuite libres penseurs philosophant, et ferYents de l'économie politique. Ces ouYricrs désireux d'apprendre quittèrent quelquefois les sociétés dont ils faisaient partie et se réunirent pour former de nouvelles sociétés. Ainsi sortirent, principalement dans les dernières années de la loi des Socialistes (r886à 1890), de l'organisation secrète du parti, ;i Berlin, de Yéritables cercles de lecture et de discussion, gui, à côté de la question sociale, firent entrer dans le domaine de leurs études tollleslesbrn11cbes d11savoir et tous les nrls possibles. Et avec une ardeur vraiment sacrée, ces prolétaires, qui n'avaient fréquenté absolument que l'école communale, et qui n'avaient par suite qu'une très 111édiocrperépnrntio11 sçolnire, cherchaient a s'acquitter des devoirs qu'ils s'étaient. imposés. La loi des Socialistes influa aussi a un autre point de vue sur ce Î
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