LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES LIVRES Le 13 Vendémiaire an IV, par HENRYZrvv. In-8°, Alcan. - C'est un récit détaillé et tn::s précis de cette journée, dont les conséquences eurent une importance grande sur les destinées de notre pays. M. Zivy, pour son essai, a recouru à une masse de documents inédits ou peu connus, qu'il a su très bien mettre en œuvre. les incidents du r 3 vendémiaire ont été, en effet, l'objet de mille récits fantaisistes. En bloc, on connaissait bien les principales phases de l'acti!)n politique et militaire engagée ce jour-là ; mais autant d'historiens, autant de rôles différents attribués aux acteurs de cette journée. L'inexactitude la plus commune, la plus répandue parmi ceux qui l'ont racontée, consistait surtout à donner au général « Buona-Parte », dont la fortune date du r 3 vendémiaire, une influence prépondérante, et dans les conseils du gouvernement et dans les mesures militaires prises pour réprimer l'insurrection royaliste. C'est Napoléon lui-même qui, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, a pris soin de grandir son rôle outre mesure. Par ce temps de renouwau impérialiste et de panégyriques enflammés du grand soldat, il n'est pas inutile, pensons-nous, de prendre une fois de plus en flagrant délit de mensonge et de cabotinage le grand empereur. Voyons donc ce que vaut la version que Napoléon dictait à Sainte-Hélène sur l'action qu'il exerça ce jour-là. Mais avant, exposons succinctement la situation. En vendémiaire an IV, les royalistes et les modérés ayant exclu les patriotes des assemblées primaires invitées à se prononcer sur la Constitution de l'an III et les décrets de fructidor, en vertu desquels deux tiers de la Convention nationale devaient faire partie - au choix des électeurs - de la nouvelle législature, les sections parisiennes, sous l'excitation des agitateurs royalistes, entrèrent en lutte ouverte avec_la Convention. Une commission nommée par l'Assemblée fut chargée de réprimer le mouvement. Menou, général de l'armée de l'intérieur, devait assurer l'exécution des décrets de la Convention. Mais la grande Assemblée, décapitée au 9 thermidor et en prairial des éléments révolutionnaires qui faisaient sa force, n'était plus le redoutable pouvoir deYant lequel les généraux tremblaient. Menou, au lieu de poursuivre résolument le désarmement de la section Le Pelletier, qu'il avait cernée, parlementa avec eux et finalement se retira, sans que les trois commissaires qui représentaient la Convention auprès de Menou prissent contre lui les mesures de rigueur qu'ils n'eussent pas manqué de prendre deux années avant, sous la dictature du grand comité de salut public. Cette faiblesse ou cette trahison (Menou de ce chef fut traduit plus tard en conseil de guerre) enhardit la plupart des sections, qui se levèrent pour renforcer Le Pelletier. Un instant le --
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