MOUVEMENT SOCIAL ceux-ci sont en minorité inéluctable a l'Office du Travail. Partout, les ouvriers, économiquement-les plus faibles, sont toujours désavantagés vis-a-vis des forts. Les ouvriers· feront bien de donner· une attention spéciale à l'œuvre de ce Conseil de l'industrie pour, dans certaines circonstances, pouvoir résister aux « vœux » de messieurs les industriels. . ALLEMAGNE Les résolutions du Congrès de Stuttgard. - Après de vifs debats, oü le dernier mot est finalement resté, selon l'expression de Jules Guesde, au socialisme « entier », le Congrès de la démocratie socialiste allemande, qui s'est tenu à Stuttgard du 3 au 8 octobre, aboutit aux conclusions suivantes : Le droit de coalitio11. - En régime de production capitaliste la classe des employeurs tend à profiter de tout progrès de la technique industrielle, de toute introduction de machine supprimant du travail, de toute disposition favorable du marché du travail, pour abaisser les salaires, pour prolonger le temps de travail et pour accroitre l:t dépendance politique et économique de la classe ouvrière. Les ouvriers ont, par conséquent, pour devoir, dans l'intérêt de leur conservation personnelle et pour le relèvement de leur condition générale, de déjouer - par tous les moyens de lutte politique et économique en leur pouvoir dans l'état de classe actuel - cette tendance antisociale de la classe des employeurs. Un moyen indispensable, pour améliorer la situatiou et accroitre l'indépendance politique et économique de la classe ouvrière, est l'organisation corporative et le libre usage du droit de coalition inscrit dans la loi. Le Congrès déclare que la première r~forme législatÏ\·e à poursuivre est l'attribution du droit de coalition et de grève i tous les ouvriers et la nécessité de protéger ce droit contre les attaques incessantes du patronat. Le Congrès s'élève donc énergiquement contre la menace de l'empereur - au banquet d'Œynhausen du 6 septembre - de saisir le Parlement d'un projet de loi punissant de l'emprisonnement « tous ceux qui pousseraient à une grève ». Menace de grève et déclaration de grève sont, pour les ouvriers, dans la lutte économique, des armes du même genre que, pour les patrons, la menace de renvoi ou le re1woi en vue de baisser les salaires. Encore, par leur situation sociale et par leur petit nombre, les patrons ont-ils, en matière d'organisation syndicale, un avantage énorme sur leurs ouvriers. Le Congrès invite les ouvriers allemands, sans distinction d'opinion politique et _ religieuse, à organiser des meetings de protestation et à forcer les députés à prendre position contre toute proposition de nature a limiter le droit de coalition. Le Congrès voit dans le discours impérial une preuve non équivoque de l'abandon, par le gouvernement, de la réforme sociale annoncée par le rescrit impérial du 4 février 1890. Aujourd'hui seulement apparaît sous son vrai jour le rescrit du comte Posadowsky. Il ne s'agit plus de ,, protection des forces ouvrières contre une exploitation arbitraire et sans limite », mais d'une politique de répression contre les revendications ouvrières sur le terrain économique. Cette politique, en édifiant sur le comp.te de la « royauté sociale» jusqu'au dernier des travailleurs, doit les convaincre que, dans l'état de classe actuel, le gouvernement ,,, est toujours davantage et plus nettement le gérant des intérêts capitalistes. Seule la démocratie socialiste représente sans ambages ni réserve les intérêts ouvriers. Protectio11 et libre écha.11ge. - Considérant : 1) Que les droits d'entrée sur les produits alimentaires amènent un renchérisse-
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