La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

622 L~ REVUE SOCIALISTE de 813,000 voix contre 136,000 (Angleterre). Le deuxième, le cinquième et le sixième points ont été votés a l'unanimité. A l'issue du Congrès, les délégués belges ont introduit une motion tendant a faire émettre par le Congrès le voeu que les mineurs français demandent a leur gouvernement l'abolition des droits d'entrée établis en France sur les charbons étrangers. Cette proposition a été vivement combattue par M. Basly et finalement retirée par ses auteurs en présence de l'hostilité manifeste de l'assemblée. Le prochain congrès international des mineurs se tiendra a Bruxelles en 1899. Un Office statistique du Travail. - DCt a M. Baernreither, ministre du commerce. L'Office du Travail s'appuie sur un conseil permanent, formé pour m1 tiers d'ouvriers, pour un tiers de patrons, pour un tiers de personnes dont le concours est reconnu précieux. En dehors de ces vingt-quatre membres, on cite plusieurs personnages officiels. La durée du mandat est de trois ans; les personnages non officiels sont rétribués. Ainsi donc, les ouvriers sont voués ·d'avance a une perpétuelle minorité, sans compter que les délégués ouvriers sont choisis par le ministre. Et cependant, les industriels se plaignent, prétendent que l' Autriche, pygmée au point :de ,·ue industriel, veut donner le ton sur le domaine social-politique, et leurs lamentations visent a empêcher les , arbres du ministériel « amour pour l'ouvrier » de pousser trop haut. La classe ouvrière organisée aura pour devoir de veiller aux agissements du nounl office, afin de pouYoir le rendre plus complet et d'écarter ses défauts. Cependant, le prolétariat saura peu gré a M. Baernreither de sa création, car tandis que l'Office du Travail est ainsi livré en majorité aux représentants de la bourgeoisie, le Conseil de l'industrie, lui, fondé un an après qu'il eôt été demandé par les industriels, ne comprend que des industriels, comme si l'on pouvait concevoir une industrie sans ouvriers. Les « industriels » sont surtout les spéculateurs. On ne conçoit pas de spéculation sans travail, mais fort bien du travail sans spécubtion. Le Conseil de l'industrie compte 75 membres, dont 34 choisis par les chambres de com.merce, 21 par les groupes industri~ls et 20 nommés par le ministre. D'une part donc, les industriels sont entre eux dans le Conseil de l'industrie et ne sont pas dérangés par les ouvriers; d'autre part,

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