La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

616 LA REVUE SOCIALISTE --- Affranchissement matériel, c'est-à-dire l'homme ne souffrant plus du déchaînement des forces naturelles, sachant les maîtriser pour s'en faire une source de richesses; l'homme transformant le travail, - presque toujours dans nos sociétés une souffrance qui le met en accord avec l'effroyable légende biblique, - et, au contraire, le créant, l'organisant tel qu'il doit devenir par. la science : une application intelligente des facultés de chaque individu pour lui procurer la joie au lieu de la douleur. Affranchissement intellectuel, c'est-à-dire l'instruction scientifique, littéraire et artistique, ouvrant à chaque cerveau un large horizon de vérité dans le temps et dans l'espace; tuant les grotesques croyances aux miracles, aux légendes religieuses et historiques; faisant jaillir partout le vrai et le beau. Affranchissement moral, c'est-à-dire le noble besoin de tendresse trouvant son apaisement, l'union des intérêts remplaçant leur antagonisme, et substituant ainsi la fraternité à la guerre. Benoît Malon figurait au premier rang des propagateurs de ces principes, c'est pourquoi nous saluons sa mémoire de notre affection et de notre admiration. La cérémonie commémoratiYe prit fin par la communication de l'adhésion morale du citoyen Bédarride, conseiller municipal de Marseille, et d'une lettre adressée au citoyen Valery Hermay par le citoyen Georges Renard : Lausanne, 3 novembre 1898. Mon cher Hermay, J'apprends par un journal qu'il y aura le 6 novembre prochain une commémoration de la mort de Malon. Je tiens il m'associer de loin, mais de tout cœur, it ceux qui féteront cc jour-là le souvenir d'un homme de bien dont la pensée large et le cœur fratcirnel doivent aujourd'hui plus que jamais servir de modèles aux socialistes. Agréez, je vous prie, mes cordiales salutations. GEORGES RENARD. Enfin Fournière eut une heureuse inspiration. Il rappela le séjour en Italie du proscrit Benoît Malon et sa durable popularité de l'autre côté des Alpes. Et il conclut en proposant une quête immédiate pour les réfugiés et proscrits italiens. Sous par sous, quatorze francs tombérent dans le chapeau du citoyen Adrien Veber, qui pria la Petite République de les faire parYenir a destination.

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