600 LA REVUE SOCIALISTE malheureux titulaires. C'est que tout se fait dans le plus grand désordre et que la société actuelle est une véritable anarchie où nul ne trouve sa place. La sociétc future fera sortir chaque année de ses écoles pratiques le nombre d'élèves qui sera nécessaire pour les besoins des diYers serYiceset on ne verra plus de déclassés. L'État aura le monopole de l'enseignement public comme il aura celui de la production. Nous nous attendons à voir, sur cc sujet, reparaître les sophismes au moyen desquels les cléricaux, habiles à couvrir leurs intérêts particuliers du manteau du libéralisme, ont réussi à faire triompher leur détestable doctrine de la liberté de l'enseignement. Mais le collectivisme est armé pour leur répondre. D'abord, au droit du pl'.:rcde faire élever son enfant selon sa croyance, nous opposons le droit de l'enfant à ne pas subir la contrainte d'une opinion à un âge où il lui est impossible d'y résister. L'enseignement public sera rigoureusement neutre; il fera connaitre aux enfants les diverses religions et les diverses philosophies et chacun, devenu homme, choisira le système qui aura ses prcférenccs. Ensuite l'État collectiviste, remplissant ses devoirs envers l'individu de la façon la plus large et la plus compll'.:tc,veillant sur lui depuis sa naissance jusqu'à sa mort, lui assurant toujours la satisfaction de ses besoins, a évidemment sur lui des droits plus ctcndus que l'État actuel. Directeur responsable de la production géncralc, il doit pouvoir préparer l'enfant, comme il lui convient, à concourir à cette production. Imaginc-t-on un général à qui on donnerait une armée a conduire en confiant ,\ ses ennemis le soin de former ses soldats? ous n'insistons pas, tant les droits de l'État collectiviste sont évidents, et nous laissons les cléricaux clamer dans le désert sur la perte d'une prétendue liberté qui n'est entre leurs mains qu'un moyen d'oppression. L'enseignement, tel qu'il est organisé, peut atteindre son but sans avoir besoin d'une refonte totale. Tous ne disons pas qu'elle ne sera pas utile un jour; mais uniquement préoccupé de constituer une société qui pourra succéder immédiatement à la société actuelle, nous compliquons le moins possible cette tâche ardue et laissons à nos successeurs le soin d'améliorer notre œuvre à loisir. Nous conserverons donc l'administration actuelle de l'enseignement, a\'ec ses divisions en enseignements primaire, secondaire et sL1pèrieur. Mais nous en rcglerons le fonctionnement selon les principes indiqués au chapitre du traYail et que nous n'avons pas à répéter. Ce qui caractérisera l'enseignement dans la société collectiviste, c'est d'une part que tous les enfants passeront uniformément par l'école primaire et ne s'élèveront aux degrés supérieurs que si leur intelligence le permet, sans distinction d'origine; d'aLitre part qu'à
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