L'ÉGLISE ET LE TRAVAIL 591 Pour s'en convaincre, il suffit de lire - non pas dans les manuels, mais autant que possible dans les documents originaux - les histoires de France, de Paris, de l'Eglise, des couvents; on y verra qu'à mesure que des privilèg~s et des bénéfices sont accordés à l'Église par les rois, ces rudes travailleurs qu'étaient, dit-on, les clercs et les moines, abandonnent tout travail manuel. et intellectuel pour se livrer à la bonne chère, à la mollesse, au luxe et à tons les vices, sans aucune exception; si bien qu'après avoir gavé de privilèges un monastére, on est obligé de licencier les moines et de les remplacer par d'autres moins corrompus, mais qui ne tardent pas à le devenir et qui sont licenciés à leur tour pour être remplacés par de nouveaux, et ainsi de suite. C'est alors que l'on vit les prélats devenir guerriers pour défendre leurs biens plus ou moins mal acquis,-:-- qui terre a, guerre n, dit le proverbe, -,- et qu'on vit les successeurs de Jésus et de ses douze p~cheurs déployer· un faste insensé, dans leur table, dans leurs vêtements, dans leurs ameublements, dans leur suite en hommes et en bêtes. C'est alors au_;:.i que « ces pauvres moines, ces saints hommes», comme dit le pape, jadis « contents d'une bure grossière et d'une nourriture à peine suffisante pour ne point mourir de faim », se révoltent contre leur abbé qui voulait réduire leur ordinaire à dix plats et portent leur plainte au roi d'Angleterre Henri II, qui leur répond : « On ne m'en sert qlle trois! Malheur à votre abbé s'il vous en accorde plus que la sobriété n'en permet à votre roi. » C'est alors encore que les couvents de femmes deviennent des sortes de .... Mais n'insistons pas, laissons aux lecteurs le plaisir ou la· peine de remonter aux sources. C'est à partir de cette époque, enfin, et jusqu'à la Réforme, et encore après, que les projets de réformation du clergé, des couvents et des monastères abondent, que tous les conciles s'en occupent, mais toujours en vain. VIII On s'imagine généralement que, depuis la Révolution de 1789, et surtout depuis que règne et gouverne la troisième République, le travail est rentré dans ses droits et est replacé dans l'ordre social au. rang qui -lui appartient. , En paroles, cela n'est pas aouteux : les discours officiels sont bondés d'éloges du travail et de flagorneries a l'adresse des travail- - leurs, - les souverains en imagination - mais. en fait? ... ,
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