LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 5 I raient emmagasinées dans des dép6ts spec1aux. Le plan d'ensemble serait à peu près le suivant : l'appareil de traction commencerait sa tournée chaque nuit, à minuit. En passant dans les rues (son itinéraire étant tracé à l'avance), les cendres et autres matières seraient ramassées dans des récipients spéciaux et videes au fur et à mesure dans le foyer, et en avançant lentement, la machine aurait fini sa tournée vers cinq heures du matin. La grosse difficulté serait l'évacuation des gaz à l'air libre, ceci ne serait guére gênant; d'abord toutes les maisons seraient fermées à l'heure du passage de la machine et etJsuite l'on pourrait combiner quelque chose avec l'action de la vapeur de façon à s'assurer que tous les gaz soient brùlés avant de pouvoir se répandre dans l'atmosphère. Certainement il se produirait un certain bruit et des vibrations que l'on pourrait eviter par un dispositif spécial dans la construction de l'appareil. En somme, on peut affirmer que le bruit :1erait moins considérable que celui du roulement des tombereaux. Il serait trés facile de prouver combien ce procédé serait plus économique. Prenez seulement des tonnes de vieux papiers et l'espace qu'ils occupent lorsqu'ils sont transportés à des milles de distancé, lorsque l'on pourrait les employer si facilement par !a crémation. Il faut, de plus, penser qu'en temps d'épidémie le crémateur pourrait être aiusi amené à la porte des maisons où les décés se produiraient, ce qui permettrait de faire disparaître immédiatement tout danger. » J'ajoute que une ville munie de cellules crématoires, fixes ou mobiles, etJ nombre suffisant, échapperait à l'exploitation et à la tyrannie des entrepreneurs de transport, syndicats de proprietaires de tombereaux et grandes compagnies de chemins de fer. Avant la réunion du congres de Madrid, cette question du traitement des gadoues avait été portce à Paris devant l'opinion publique. En suite d'une question ~dressée à la tribune au préfet de la Seine par le rédacteur de ces lignes, une commission technique fut nommée par l'administration. Et malgré que sa composition se ressentit un peu de sa nomination par les partisans du transport et de l'utilisation agricole, cette commission n'a pas écarté l'incinération. Elle a conclu à « l'essai loyal >) entre trois procédés : la combustion, le broyage, la coction en vase clos; de ces expériences comparatives rcsulterait le choix de la définitive solution à adopter. Probablement c'est pour attendre d'être éclairé par les leçons qui résulteront de ces essais que M. l'ingénieur Launay a trouvé inutile de laisser le congrès de Madrid « se prononcer dés à présent pour l'incinération des ordures ménagères )). Suivant M. Launay, la solution varierait avec les cas et a Paris l'agriculture réclamerait l'utilisation des matières fertilisantes que contiennent les ordures.
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