4..J. LA REVUE SOCIALISTE ouvert et coulant ainsi au travers des terres, peuvent être employées, elles sont condamnées par l'hygicne dans leur emploi alimentaire. De ces eaux de rivière, Paris consomme par jour, pour usages Jivers, 127,000 métres cubes. En principe elles ne doivent jamais yêtre employées, même pour très minime partie, pour l'alimentation. Quand, pe11dant les périodes de sécheresse, l'administration en jette dans 110scanalisations d'eau de sou1:ce, elle ensemence.,tout simplement ces canalisations, l'eau qui y passera, et les estomacs de Paris de microbes p;ithogènes et principalement du bacille d'Eberth qui donne la fièvre typhoïde. Les eaux de rivicre et à ciel ouvert ne peuvent pas être considérées comme saines pour l'alimentation. Les fleuves et les cours d'eau arrosent les terrains qu'ils traversent; ils clraînent ces mêmes terrains. Or le drainage, même des terres labourables, entraînent des matières qui rendent l'eau impure, et cette contamination deYient tout a fait grave lorsque ce drainage s'exerce sur <lesrives ou se trouvent des établissements industriels, des lavoirs co111111u11audxe, grandes villes et leurs ordures ou leurs chutes d'égout. Le moyen le plus sùr pour éviter cette contamination et pour recueillir de l'eau utilisable pour l'alimentation est donc de cnpter les eaux avant qu'elles soient sorties de leur région de précipitation, qu'elles aient traversé des villes ou des villages et qu'elles aient été exposées a toutes les causes de pollution. L'exploitation idéale de l'eau météorique consiste donc à capter et à dériver les eau:--qui ont pénétré le sol et qui y prennent leur écoulement p,n des ,·oies souterraines. Les eaux souterraines, aux points oü elles réapparaissent à la surface sous forme de sources, présentent les meilleures qualités de pureté. C'est ainsi que Paris s'est muni d'eau pure alimentaire en allant capter hier les eaux aux sources de l'Avre, de la Dhuis, de la Vanne, et en les conduisant, en vnse clos, jusqu'aux réservoirs couverts de la capitale, puis de ces réservoirs « sur la pierre d'évier >l. Encore ne fautil pas que par des drainages artificiels l'administration mêle aux sources, comme nous l'avons Yu, sur place, pour la Vanne, des eaux douteuses insuffisamment filtrées. Paris consomme par jour 183,000 mètres cubes de cette eau potable. Avec l'eau captée aux sources du Loing et du Lunain, la capitale pourra disposer d'une provision quotidienne d'eau alimentaire <le 250,000 mètrès cubes. A Madrid nous n'avons rien vu de semblable. Cette ville en est encore, on regrette de le dire, à l'alimentation en eau de 1830. Quant aux quantités totales d'eaux de source et de riviere, Paris occupe en •
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