La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

• / LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRlD --13 1 En matière d'alimentation des villes en eaux, il faut nccessaircment calculer aù point de vue-de l'hygiène la quantitè et le moyen d'assurer cette alimentation en vue de deux-services : en eau destinée à la boisson et en eau destinée au nettoyage. Pour la plupart des villes ce double besoin primitivement confondu en un seul les amena à s'asseoir au bord d'un fleuve ou d'une rivière. Et de fait, toutes les grandes villes sont Jans ce cas, dont ' Paris. Au point de départ, une ville s'alimente - pour boire et pour se nettoyer - au bord de l'eau. Tel Paris sur la Seine, a gui il demandait l'eau nécessaire soit aux usages domestiques, soit a la fa. b~ication du pain, soit aux diflérents besoins industriels. Bientôt le développement progressif de la population parisienne éloigna du fleuve un grand nombre d'habitations. Obligées de compter avec cette terrible question de l'eau, ces habitations nouvelles se groupaient dans des endroits où par des puits on pouvait atteindre plus facilement la nappe d'eau; là, e~t la raison de l'inégal développement de Paris sur les deux rives <le la Seine : la rive gauche de ·Paris restait stationnaire·; la rive droite croissait avec rapidité. Paris prenait donc la 'forme qu'il conserve encore, d'un ovoïde dont l'axe est transversal. Mais cet œuf est plus largement arrondi sur la rive droite que sur la rive gauche. • De ces puits, on en comptait encore 30,000, presque tous anciens, en 1870. Mais l'eau des puits étant plutôt mauvaise et souvent insuffisante, les populations utilisèrent les sources qui provenaient des hauteurs aujourd'hui construites et situées dans l'intérieur de Paris. Ainsi furent employées le~eaux de Saint-Gervais, de Belleville, de Savies, de la Bièvre .... etc .... Mais par la suite ces eaux furent remplacées par l'eau des canaux, comme en 1833, l'eau de Belleville par le canal de !'Ourcq. A un moment donné Paris fut donc alimenté par des rivières, des canaux, de l'eau coula11t à ciel ouvert. Madrid demande son eau ulimentaire et son eau pour usages industriels a la rivière Lozoya, qui descend du vetsant méridional de la chaîne Carpeto-Vatonica pour se jeter dans le Jarama, affluent du ;rage. A Madrid, l'eau est en abondance. Mais à sa source, cette eau est mal captée; elle est conduite dans un aqùeduc, mais, sur les trois guarts de son parcours, cet acqueduc n'est pas couvert. L'eau arrive donc à Madrid dépour_vue de fraîcheur et polluée par les corps étrangers de l'atmosphère. Cette eau, par son abondance, est distribuée dans la ville larga manu et sert à la fois aux besoins industriels, aux nécessités alimentaires, et même à des irrigations agricoles. Or, si pour les services de nettoyage, les eaux de rivières à ciel "'

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