La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LE CONGRÈS DE MONTLUÇON 499 Les délégués étaient au nombre de cent-vingt, parmi lesquels neuf députés: Carnaud (Bouches-du-Rhône), Zévaès (Isère), Bénézech (Hérault), Pastre (Gard), Ferrero (Var), Bernard Cadenat (Bouches-du-Rhône), Dufour (Indre), Sauvanet (Allier), Krauss (Rhône); cinq conseillers généraux, trois conseillers d'arrondissement, treize maires et adjoints, trente-trois conseillers municipaux. Les organisations représentées sont au nombre de 790, dont 15 fédérations régionales, 608 groupements politiques, 67 syndicats, 26 municipalités, 58 minorités municipales, 7 maisons du peuple et 9 coopératives. Après la présentation des rapports par les délégués des quinze fédérations régionales, puis d'un rapport d'ensemble, moral et financier, du Conseil national exposant les progrès constants et l'extension considérable du parti dans tout le pays, le Congrès a abordé la discussion de son ordre du jour qui comportait : 1° Les dernières élections législatives et leurs conséquences. (Projet d'unité socialiste, liberté du vote, etc.); 2° Les élus du parti à la Chambre et dans le pays; 3° De l'organisation centrale et fédérale du parti; de la propagande et des ,moyens de la rendre plus efficace (réunions, brochures, presse, etc.); 4° Paix et désarmement. La place nous étant limitée, et afin de donner à celle de l'antisémitisme son développement complet, nous devons nous borner aux principales résolutions votées à l'unanimité du Congrès. L'ANTISÉMITISME Les diverses organisations régionales du parti avaient étudié ·1aquestion de l'antisémitisme et formulé une série de considérations aboutissant toutes à la condamnation formelle de ce mouvement réactionnaire. Le Congrès a adopté à l'unanimité la proposition suivante du Conseil national, votée à l'unanimité: L'antisémitisme n'est qu'une des formes de la réaction. Il suffit potrr s'en convaincre, de constater, partout où il se produit, ses ong1nes exclusivement cléricales et féodales. En Allemagne, c'est le cléricalisme protestant d'un pasteur Stœker, qui crée et méne le mouvement. En Autriche, c'est un grand propriétaire terrieu, le prince de Lichtenstein. En France, c'est le jésuitisme mal dissimulé derrière un juif traitre à sa race, le juda Drumont. Dans tous les pays, il s'agissait - et il s'agit•- d'un retour offensif des anciennes classes dirigeantes et possédantes - aristocratie et clergé - dépossédés du pouvoir et de leurs privilèges par la bourgeoisie moderne. Mais, avec son vrai visage, cette tentative de restauration d'un passé définitivement disparu était condamnée à un lamentable et immédiat :ivortement. C'est alors que, pour donner a l'antisémitisme une apparence et un moment d'existence, ceux qui en vivent comprirent la nécessité de le •moderniser et s'avisèrent de le poser en champion de certaines catégories sociales et de certains intérêts économiques a'ppelé$ à être éliminés par le progrès même de la production. , Faire croire à la propriété terrienne qu'ils vont la sauver de la prédominance de la grande industrie; Faire ,croire au petit ·commerce qu'ils vont l'arracher à la concurrence nécessairement victorieuse des grands magasins; Faire croire à la finance chrétienne qu'ils vont la débarrasser de ses rivaux israélites, mieux outillés et supérieurement préparés par un entrainement séculaire. Tel est le boniment dont ces bateleurs ont usé - et abusé - à l'usage des jobards, et au profit des roublards avec lesquels ils partageaient la recette 1 '

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