REVUE ÊCOl-:OMJQUE 491 semble des affaires. Ces travaux sont exécutés le plus souvent au compte de la ville de Paris, dont l'administration mu.nicipale est d'un aide précieux pour. les associations ouvrières de production. De 1883 a 1897, en effet, le conseil municipal a prêté 923,000 francs aux associations parisiennes. On peut donc dire que sans les ressources du legs Rampal et les conditions de soumission faites aux coopératives, bien peu d'entre elles auraient pu continuer à fonctionner. N'est-ce pas la démonstration par le fait de l'impuissance radicale à laquelle aboutit le mouvement coopératif, en tant qu'instrument d'émancipation d'une classe ? Les chiffres que nous venons de citer sont significatifs. Mais le tableau joint par M. Arthur Fontaine à sa communication ne donne que des moyennes et souvent des éléments fort disparates sont réunis •sous une même rubrique. C'est ainsi que dans la catégorie des associations non reliées à la chambre consultative et que nous avons désignée~ en bloc comme ne faisant pas participer leurs auxiliaires aux bénéfices de la production doit se trouver le Familistère de Guise, qui possède un capital considérable, fait un chiffre d'affaires important et répartit cependant, aux divers degrés de sa hiérarchie fortement constituée, quelques bénéfices aux divers facteurs de la production. Mais le ~ableau dont nous avons tiré les chiffres plus haut contient d'autres • nombres qui sont, en quelque sorte, comme on va voir, la contreépreuve des chiffres généraux que nous venons d'indiquer.· M. Fontaine a établi, en effet, un autre groupement des associations selon qu'elles font participer ou non les ouvriers qu'elles emploient à titre d'auxiliaires aux bénéfices réali<sés. Ces chiffres viennent corroborer d'une façon frappante ceux obtenus par le_ groupement précédent. Quatre-vingts associations distribuent des bénéfices aux auxiliaires. Elles représentent un capital de six millions, comptent environ 837 sociétaires employés et 1,358 auxiliaires. Le chiffre d'affaires pour ce groupe s'élève à II millions 1/2 environ, dont 2,700,000 francs au compte de l'État ou des communes et celui des bénéfices à 1,300,000 francs. Les nombres ci-dessus accusent des résultats plus satisfaisants que ceux trom·és plus haut pour la catégorie des associations qui font partie de la chambre consultative. Mais c'est que dans les totaux cidessus sont compris ceux relatifs au Familistère de Guise, dont le capital se monte à plusieurs millions et qui fait également plusieurs millions d'affaires par an. M. Arthur Fontaine ne le signale pas, mais par ce que nous savons personnellement de ·l'importance de cet établissement ind1:1striel, qu'on ne saurait assimiler à une coopérative, car il fut l'œuvre d'un patron qui remit ensuite l'usine à ses ouvriers,
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