La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 4 I produit dans un garni, alors qu'autrefois ( épidémie 1832) la rnortalitc'.: était d'autant ·plus cle~rée dans tel ou tel quartier que les garnis y étaient plus nombreux. Rappelons en passant que Paris compte 10,500 garnis renfermant 167,000 chambres et qu'il existe dans la banlieue 3,300 garnis renfermant 2 3,ooo chambres; ensemble : I 3,800 garnis avec 190,000 chambres. Or, ce service ne compte aux budgets réunis de Paris et de la Seine que 86,ooo fraus. Seules, diverses villes d'Angleterre, d'Allemagne et de France jouissent des garanties d'un semblable service de salubrité. Un danger pour la santé publique se trouve quelquefois dans l'état lamentable et de vétuste'.: des murs de certaines méfisons. C'est à cc sujet que M. le docteur Vallin, membre de l'Acadcmie de médecine, a fait une communication que l'on peut résumer ainsi : 1 La salpétri~ation doit 1::treconsidérée comme une sorte de' maladie microbienne des murailles qui rend les maisons froides, humides et insalubres. Elle résulte de la pénétration, de la pullulation _etdu travail actif des bacilles nitrificateurs dans les matériaux de construction, quand d'ailleurs les conditions de milieu sont farnrables (humiditt'.:, présence de matières organiques azotées, etc.). Au point <levue de l'hygiène, c'est une maladie qu'il faut prévenir et guérir, comme on préYient et l'on guérit les malac.lies virulentes de l'homme et des animaux. Prophylaxie. - Drainer le sol au voisinage des fondations; isoler celles-ci, latéralement et par zones horizontales, à l'aide de ciment, d'asphalte, de coaltar, etc., afin d'empêcher l'accès de l'air, de l'eau, et l'invasion des nitro-bactéries, qui sont aérobies. Préparer les mortiers et enduits avec des solutions antiseptiques au sulfate de cuivre, etc. Traitement. - Outre les moyens précédents, après grattage et lavage des incrustations superficielles de salpêtre, ensemencer ks murailles avec des cultures en activité de ces bacilles dénitrifiants, qui appau\'l'issent les fumiers de ferme et les engrais en décomposant leurs nitrates et en versant dans l'atmosphère une grande partie de l'azote qu'ils contenaient. Couvrir ensuite ces murs d'enduits ou de peintures imperméables à l'air, afin de retarder le travail de nitrification des germes ahobies, et d'activer au contraire celui des bacilles dénitrifiants, anaérobies facultatifs, qui enlhent l'oxygène aux nitrates et à l'ammoniaqu~ quand il ne peuvent plus l'emprunter à l'air atmosphérique. Voilà, « pour les murs », mais dans les habitations non meublées et noirgarnies, on n'a plus le moyen de s'adresser au· logeur et de-lui imposer des prescriptions d'hygiène pour les meubles et la literie. Une communication a été faite, sur ce sujet, au congrès de M;idrid, par le docteur Comenge (de Barcelone). Il a signalé des cas morbides resultànt de la vente de meubles contaminés, du trafic de literie et de vête-

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