La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE appartements devont avoir des latrines inodores et dont la canalisation soit de plomb ou de fer. On voit que ces prescnpt1ons pour l'application desquelles aucune inspection n'est faite en réalité sont, de tous points, primitives. Aussi, les communications dont nous avons parlé plus haut, et qui sont ducs a mon collègue Félicien Pâris, au Conseil municipal et à -M. Bezançon (Service d'hygiénc de la préfecture de police) ont-elles été accueillies pàr les délégués espagnols avec une très scrupuleuse attention. On sait ce qu'est à Paris le cnsier sa11itairedes 111aiso11s. Il fonctionne dans cette ville depuis le 20 janvier 1894. Son établissement a coûté r 3,000 francs et il comprend des folios de notes et des renseignements hygiéniques pour 60,000 maisons. Il sera achevé en 1899. Cette constitution, pour chaque maison, d'uu etat civil et d'une sorte de rasierjudiciaire, permettra d'ajouter à nos règlements sur l'habitation, déjà bien supérieurs a ceux de Madrid et de beaucoup d'autres villes, hors Londres, tous les perfectionnements dont la pratique du casier sanitaire demontrera la nécessite. A côte de la maison ordinaire où l'on fait le commerce des logements nus, il faut placer le garni, où l'on fait le commerce des logements meublés. M. F. Bezançon, chef de division à la préfecture de police, membre du conseil <l'hygiène et de salubrité de la Seine, a pr<.':sentéune communication sur la salubrite des logements loués en garni. Il a exprimé le vœu que, dans toutes les cités importantes, des rcglcments fussent faits et appliqués à l'égard de ces logements, oü l'encombrement, la mauvaise disposition, la saleté peuvent constituer des foyers d'infection. Il a montré les résultats obtenus à Paris par l'application de l'ordonnance de police du 25 octobre 1883, grâce à _la création par le Conseil municipal et le Conseil général de la Seine du service de médecins-inspecteur~ et d'architcctes-jnspccteurs de la salubrité des garnis. La section, prcsidée par M. l'ingénieur en chef Attilio Rella, de Vienne, a voté un vœu tendant à la généralisation de cette institution, dont les avantages, ainsi que l'a démontré M. Bezançon, ne sont plus problématiques. Il faut nous attarder sur cette communication pour en faire ressortir toute l'importance. M. Bezançon communique deux faits au congrès : 1° Le nombre des déclarations des affections épi<lémiq ues ou contagieuses, déclarations rendues obligatoires par la loi du 30 novembre 1892, n'est pas plus élevé pour les personnes logées en garni que pour les personnes habitant les maisons autres; 2° En 1892 (epoque de l'épidémie cholérique), aucun foyer épidémique ne s'est

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