RE\TE f:co::-;oMIQL'E Maigré l'appui du pouvoir, malgré les encouragements qui lui venaient de la classe capitaliste qui voyait dans la coo~ération un dérivatif puissant au socialisme, le mouvement coopératif de 1882 ne fut guère plus heureu·x que celui de 1863. De 1881 à 1885, quaratJte-six sociétés se fondèrent. Dix ans après, il n'en subsistait plus que douze. Cet échec ouvrit les yeux aux réfractaires attardés dans le rêve utopique de conquérir le capital, à force d'épargne, par la seule volonté de leurs bras et de leurs cerveaux associés. Aussi, après 1885, des idées nouvelles pénètrent dans le monde coopérateur. Le socialisme en imprégnant de plus en plus l'intelligence ouvrière s'infiltre dans les associations. Par là l'opposition existante entre elles et le socialisme s'atténue. Ses membres conviennent peu à peu de l'absurdité chimérique di: leurs espérances premières. Ils s'ouvrent à des prfoccu- . pations politiques et sociales plus larges; leur horizon s'agrandit. De leur càté, les socialistes cessent de voir dans les coopérateurs des adversaires qu'il faut combattre et dans la coopération une idée rivale qu'ii faut faire di~paraitre. Les militants ouvriers, que leur attitude au cours des grevcs et les luttes soutenues en fa,·cur de l'indépendance syndicale ont mis au ban du patronat, se réfugient dans ces associations. Bref, la coopération a cessé d'apparaitre à la majeure partie des associés le levier invincible de la transformation sociale ; mais bien . une forme de groupement susceptible, pour certaines corporations, sous l'empire de circonstances exceptionnelles, ùe permet-tre à quelques-uns de leurs membres d'améliorer quelque peu leurs conditions de travail. Encore présente-t-elle bien d'aléas et les coopcrateurs ont-ils fort ,'t faire, comme on va voir, pour se maintenir. La communication de M. Fontaine contient un tableau où se résume le fonctionnement des associations ouvrieres de 1895. Les chiffres qu'il produit sont significatifs. On comptait, en 1895, 172 associations. Il convient d'ctablir une première division parmi ces associations, entre celles qui font ou ne font pas partie de la chambre consultative, -parce que l'adhésion à cette dernière marque un esprit de solidarité et de préoccupations sociales élevé qui font défaut chez les autres, puisqu'elles n'ont pas cru devoir se fédérer ni distraire une part de leur activité, si minime soit-elle, en faveur d'une œuvre générale intéressant la coopération tout entière. Il y a encore une autre raison • pour ctablir cette division : c'est que la chambre consultative exigeant pour l'admission des sociétés que celles-ci attribuent une partie des bénéfices aux auxiliaires qu'elles emploient, nombre d'associations comprises dan~ la catégorie de celles qui ne font pas partie de la chambre consultative sont moins des coopératives que des entreprises en -nom collectif, dans lesquelles le travailleur employé à titre auxiliaire
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==