470 LA REVUE SOCIALISTE vidus devaient supporter les mêmes charges qu'à l'heure actuelle, il n'y aurait guère de raisons, semble-t-il, de modifier le système actuel. * * * Ayant déjà a compter avec les préférences tacites ou avouées de ses supérieurs hiérarchiques, MM. les ministres des finances et de l'interieur, M. le préfet de la Seine fut encore tiraille entre l'optimisme documente de M. Fontaine, président de la commission des contributions directes de la ville de Paris, et le pessimisme chagrin de M. Fichet, directeur des finances. L'un et l'autre durent rédiger un memoire ad usum delphini. La note de M. Fic/Jet, directeur des finances de la ville de Paris, traduisait le scepticisme de son auteur jusque dans la façon dctachée• dont étaient présentés trois jeux de taxes de remplacement, malicieusement qualifiées d'impôts additionnels mal venus pour les deux tiers au moins de la population. - Il n'y a pas a répondre aux réserves de M. Fichet puisque notre plan n'est pas de réfuter une fois de plus la défense des octrois, mais de chercher des taxes de remplacement. De cette note timoree nous retiendrons seulement deux points : 1° L'affirmation nette et catégorique que la simple réduction des droits sur les boissons est une mesure boiteuse et indéfendable. M. Fichet aurait préferé le stalit quo; ce dernier étant devenu impossible depuis la loi du 29 décembre 1897, la suppression totale des droits sur les boissons hygiéniques s'impose. 2° L'opinion que la loi du 29 décembre 1897 avait été faite dans l'unique intérêt des producteurs, qui voudront augmenter leurs prix du montant de la détaxe. Nous ne croyons pas qu'ils y réussissent, a cause du phénomène economique de la mévente des vins. Certes, il est vrai que les députés ont surtout cherché l'intérêt des producteurs, mais uniquement afin de leur créer ou de leur agrandir des débouchés. Qu'il y ait disparition partielle ou totale des tarifs d'octroi, si le prix de la vie ne s'en trouve pas réduit pour les contribuables parisiens, ce ne sera pas a cause d'une élévation trés peu probable, voire même impossible, des prix réclamés par les producteurs, mais bien plutôt si l'on commet l'erreur de frapper de nouveaux impôts les intermé- (liaires, et de leur donner ainsi un prétexte pour couvrir Ïeur cupidité. M. Fontaine n'a pas commis cette erreur, et pourtant il ne veut pas une seule taxe de remplacement, mais plusieurs. ADRIEN VEBER. (A suivre.)
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