LA REVUE SOCIALISTE pères de l'Église. Si on prend la peine de consulter dans la Bible la description du paradis nva11lln chute de l'/Jo111111e, on verra que les animaux ne sont pas oubliés à cet endroit; mais, au contraire, qu'il est expliqué nettement que dans l'état sans péché de l'homme, le paradis terrestre constituait une partie de toute la création, aussi dl's n11imn11x. Sur ce point, il faut consulter la Genèse I ou, même à l'homme et à l'animal, à chacun est distribué le sien propre : à l'homme « toute herbe portant semence, et qui est sur toute la terre; et tout arbre qui a en soi du fruit d'arbre portant semence »; aux animaux « toute herbe \'erte ». Il en est ainsi également de la citation du pape Grégoire. On peut avoir l'envie de l'appliquer à l'avarice, mais on n'est pas du tout quitte de cette question par cette échappatoire : celui qui pénètre plus avant dans la philosophie spéculative du i\loycn-Age ne saurait se contenter d'une semblable déclaration superficielle comme le combat contre les anres en se trou\'ant en face de l'explication de textes pareils puisés dans les 0U\'l'ages des pères de l'Église. Un mot sur les avares peut suffire, si l'on chapitre à la campagne les simples habitants d'une commune au sujet de leurs· péchés friYoles et quotidiens; mais on ne peut pas le mettre en a\'ant dans un commentaire sur le droit de la propriété et les idées des pères de l'Église de Rome sur ce point. Si des études comme celles-ci peuvent forcer les prêtres à approfondir davantage ces choses-là, alors il sera moins nécessaire dans l'avenir que les considérations des pères de l'Église de Rome au sujet de la propriété et en particulier de celles du penseur le plus consciencieux entre eux, Thomas d'Aquin, soient expliquées et défendues, comme il arrive maintes fois dans nos jours, par des communistes, qui ne tomberont jamais d'accord a,·cc les doctrines de Rome. CHRISTIAN CORNËLISSE~.
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