La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

\ LA SITUATJO~ INTER1':ATIOXALE moins en trois sens divers, déchirée par les luttes les plus acharnées de notre époque? De la Doubie Alliance, peut-être avons-nous déja assez parle, pour qu'il soit superflu de rappeler sa stérilité pour la France. L'on ne saurait nier, par ailleurs, que le courant de popularité, en grande partie artificiel, créé autour de cette coalition, a commencé i s'amortir. Les conséquences extérieures et intérieures de cette grande pensée de l'opportunisme et de la diplomatie rcactionnaire du quai d'Orsay sont trop visibles: dupée par une presse bien stylée, l'opinion s'est ressaisie. La visite de Nicolas II a Paris ou la réception de M. Félix Faure a Peterhof ont insuffisamment rémunéré ce pays de l'appui matériel et moral qu'il aYait prêté a la chancellerie de Pétersbourg, avec une obligeance si .:ordiale. La foule, trompée par les discours pompeux et Yidcs d'un Hanotaux, attendait des actes; ces actes se sont réduits a quelques poignées de mains. On a compris pourquoi les cabinets successifs avaient si soigneusement dissimulé les clauses de la soi-disant co1wention diplomatique et militaire. Chez nou,s le désenchantement se propage avec autant de rapidité que l'enthousiasme. La ruine du n60boula11gisme portera le coup suprême au mirage de la Double Alliance. La Russie, du reste, en ces derniers temps, a marqué qu'elle faisait assez peu de cas des sentiments <le la France. La circulaire du czar sur le désarmement, tombant tout a coup, sans avis préalable a notre gouYcrncment, a refroidi bien des gens. On a remarqué surtout que cc document faisait une allusion trés indir 1ctc au problème d'Alsace-Lorraine, et b presse officieuse de Pétcrsbourg a été fort lente a rassurer les esprits inquiets. Il ne faudrait pas tro,p s'étonner si l'Empire moscoYite accentuait d'ici peu un changement de front, déjà inaugnré en 1897, par le rapprochement a,·cc l'Autrichc,-ct consacré maintenant par ses nouvelles capitulations en Crete, deYant la politique de Guillaume II. Le czar n'aura jamais assez d'alliés en ExtrêmcOricnt, et c'est vers Pékin, - cc n'est pas, - ce n'a jamais été- vers Berlin que regarde la Russie. Plus elle deviendra puissance asiatique, plus elle se désintéressera des affaires d'Europe- et plus elle cherchera a relier ·partie avec l'Allemagne. De moins en moins, elle considérera la France comme un appoint, suffisant en lui-même à sa politique d'expansion. Comme la Triplice, la Duplice, ébranlée par les événements, ira rejoindre les vieilles ligues surannées dans le musée de l'histoire diplomatique. * * * Des combinaisons nouvelles sont en formation qui, cette fois, engloberont tous les États et se partageront le monde. La communauté des intérêts économiques en sera le principe; le probléme d'Extrême-

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