La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

354 LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Économie sociale Les lois naturelles de 1'économie politique, it propos des crises commerciales et de surproduction (Journal de la Société de slatistique). J'insistais, dans la dernière Revue, sur l'inanité des prétendues « lois naturelles », opposées par les économistes comme un obstacle infranchissable à l'action du socialisme contemporain et je montrais, par l'exemple de Georges King et de Malthus, comment les déductions tirées d'un ensemble de faits observés à un moment donné de l'histoire, quoique parfaitement vraies à l'instant précis où ces faits sont observés, peuvent se trouver faussées et démenties par les phénomènes imprévus qui se produisent plus tard. De telle sorte que ces prétendues lois, auxquelles les économistes attribuent un caractère rigoureux d'immutabilité dans le temps et dans l'espace, ne sauraient se transposer ni dans le passé, ni dans l'avenir, les rapports qu'elles expriment étant essentiellement muables et variant à l'infini, selon le temps et les lieux. Je reviens aujourd'hui sur ce point, à propos d'une communication faite récemment à la Société de statistique, par M. Clément Juglar, sur les crises commerciales. Le monde économique contemporain est en proie à des crises économiques périodiques qui, à des dates plus ou moins éloignées, jettent la perturbation sur le marché, désorganisent le crédit et la production. Comment ces fléaux surviennent-ils? Quelle est la manifestation symptômatique, de leur action ? Peut-on, à l'inspection des chiffres d'une statistique, déterminer d'une façon approximative suffisante l'approche ou l'éloignement de ces catastrophes, et selon quel rythme évoluent-elles? Autant de questions étudiées depuis longtemps par

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