L'EXTENSION UNIVERSITAIRE 323 tite de clubs scientifiques ou littéraires, qui, en principe, ne devaient être que des cercles de répétition mutuelle, et qui, dans la pratique, n'ont pas tardé à se transformer en émules des sociétés « savantes » des chefs-lieux de ~omtés ruraux. Pour compléter le tableau de l'œuvre, disons que les settlements administrent des bibliothcques circulantes, et organisent d'annuelles expositions de peinture, dont les toiles sont prêtées par des collectionneurs ou des artistes; des promenades en corps à travers le British Museum, et des summer meetings de deux ou trois semaines à Oxford ou Cambridge. Il faut bien de l'argent pour tout cela. L'Extension dépense, en effet, bon an mal an, un.demi-million de francs. Chaque « étudiant » verse un penny par séance. La moyenne annuelle des personnes qui suivent les I 50 cours des « missionnaires>) •d'Oxford est de 18,000; pour les 120 à I 30 cours des « mis,ionnaires >) de Cambridge elle est de I 2 ,ooo; pour les 140 à 1 50 cours de la London Society, de 14,000; pour les 90 à 100 cours des « missionnaires» de la Victoria-University, de 5,000. Il y a des prix spéciaux pour certains cours pratiques, ceux, par exemple, de langue grecque ou latine, française ou allemande, de sténographie, dactylographie, comptabilité. Le tarif des bibliothegues circulantes est fixe à cinq shellings de depôt, et un penny par volume 1:mprunté; quantité de livres sont offerts à titre gracieux par les auteurs ou les éditeurs. L'entree est payante à l'exposition de· peinture, et chaque excursionniste est pour son écot dans les sumrne1·111eetings. Les Universités, quelques Trade-Unions, plusieurs municipalités, servent des subventions. Beaucoup de professeurs prélévent une certaine somme sur leurs émoluments, ou n'acceptent. point d'indemnité pour leurs déplacements. Mais le budget des recettes est alimenté pour les sept dixiémes par des souscriptions anonymes et des legs. Toynbee-Hall encaisse, de ce chef, plus de 50,000 francs par an. Hors les États-Unis, il n'est pas de pays au monde où le capitalisme jette du lest avec autant d'intelligence qu'en Grande-Bretagne. Faut-il rappeler les principales des œuvres d'éducation dont l'initiative privée a parsemé l'île ( I) ? A Londres, c'est le Polytechnic lnstitute de Regent Street, fondé par Quintin Hogg, et qui est, lui aussi, une sorte de seulement d'extension universitaire; la Central Institution ou école technique supé- (1) Voir Marius Vachon : Rapport sur les Muséts et les Écoles d'art industriel en Angleterre (1890); Max Leclerc : Une République bien gouvemée. - Bir111i11gba111 (dans la Rev~ des Deux-M~ndes du 15 juillet 1890); Robert de la Sizeranne : Ruskin et la Religionde la Beauté (1897). '
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==