La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE indifférent. Aujourd'hui l'œuvre littéraire s'adresse à des fractions distinctes d'humanité, à des classes sociales et mentales nettement séparées. « L'honnête homme » de jadis lisait tous les auteurs de son temps et les comprenait. L'homme cultivé d'aujourd'hui donne sa préférence à quelques ccrivains, parfois à un seul : il ignore ou méconnaît les autres, qui d'ailleurs ne s'adressent pas à lui, mais à son voisin, qui n'est plus son semblable. Mais l'humanité pensante tend à l'unité. Par le socialisme cette unité se refera. Nous sortirons de cette période transitoire inaugurée par la Révolution française et que clôturera la Rcvolution sociale. Les écrivains, alors comme aujourd'hui, pulluleront. Mais ne s'adressant plus à des oisifs blasés, à des neurasthéniques qu'exaspèrent de simultanés excès de travail et de plaisir, mais à des esprits replacés en équilibre par le sain exercice de leurs facultés physiques et mentales, une littérature forte et« une» naîtra, conservatrice et génitrice de la langue en perpétuel travail de transformation et d 'cm bellissement. EUGÈNE FOURNIÈRE. ' Revues Étrangères LE SOCIALISME MUNICIPAL EN AMÉRIQUE Que les serviqes intéressant le public soient de vrais services publics, cela ne fait plus question. Ces services seront-ils d'État ou municipaux? Les États-Unis se sont prononcés pour la municipalisation. Le mouvement s'accentue. Nous lui devons une très belle revue: Municipal Ajfairs, récemment parue à New-York. C'est une série de monographies où les tables statistiques et les vues photographiques ne sont pas épargnées, au grand bénéfice du lecteur et de l'amateur de reproductions artistiques. Les auteurs sont généralement hostiles au socialisme d'État. Ils parlent volontiers de la tyrannie socialiste. Ils sont pour l'initiative individuelle, pour le laissez-faire et laissez-passer,

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