La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

L'APPLICâTION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE ( 217 L'État ne se servira donc des espéces métalliques que pour le commerce extérieur. A l'intérieur c'est en papier-monnaie qu'il paiera les rentes des possédants expropriés, les salaires et les secours sociaux. Ce papier-monnaie conservera indéfiniment sa valeur et pourra toujours être échangé contre des marchandises. Nous avons vu que tout le papier-monnaie sorti dans le cours d'une année des caisses publiques n'y rentrera pas intégralement. Bien que l'épargne ne soit plus une nécessité dans la sociétt'.: collectiviste, elle se produira quand même dans une certaine mesure, soit pour creer à l'épargnant des loisirs anticipés, soit pour augmenter son bienêtre à une époque quelconque de sa vie, soit surtout pour améliorer la situation de ses enfants . ...... Mais comme les capitaux seront improductifs, un moment viendra . où l'épargne ne s'accroîtra plus; chaque année il sortira de l'épargne' pour être rejetée dans le courant de la circulation une somme égale à celle qui y entrera. D'ailleurs ces changements se feront par gradations insensibles et on n'aura jamais à craindre une brusque invasion du marché par l'accumulation de plusieurs années. Par quelles causes et dans quel but un tel événement pourrait-il se produire? La consommation ne variera jamais beaucoup d'une année à l'autre, et comme d'une part on aura toujours un léger excédent de production, comme . de plus l'État aura ses réserves métalliques pour se procurer à l'étranger ce qui pourrait inopinément lui manquer, aucune crise n'est.à redouter. Il nous reste à parler de la circulation du papier-monnaie à l'étranger et de ses conséquences. Ce ne sera jamais l'État qui enverra notre papier-monnaie à l'étranger puisqu'il se servira exclusivement des espèces métalliques pour le commerce extérieur. Mais il pourra se faire qu'un certain nombre de riches capitalistes expropriés soient tentés de faire passer une partie de leurs revenus à l'étranger pour les y échanger contre de l'or et essayer de se livrer aux entreprises et spéculations qui seront impossibles en France. Au début le change du papier contre de l'or sera très difficile, même avec une grosse dépréciation, car notre papier n'inspirera aux capitalistes étrangers qu'une confiance médiocre. Peu à peu on reconnaîtra qu'il est solidement gagé et on l'acceptera. Mais à quel taux de change? C'est ce que nous allons examiner. Notre papier sera payable au porteur, en marchandises, au tarif de notre production nationale, composé comme nous l'avons vu, du prix de revient brut augmenté des frais généraux sociaux. A première vue on peut croire que cette majoration aura pour effet de faire vendre les mêmes objets plus cher en France qu'à_l'étr'anger, puisque la production des autres États - que nous supposons restés sous le régime

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==