, L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 213 sante pour satisfaire son minimum de besoins. Ce minimum s'accroîtra, surtout en qualité, au fur et à mesure des développements de la production. Pour tous les citoyens le salaire qu'ils recevront sera la représentation exacte des services qu'ils rendront à la société; mais le mode de la répartition des salaires devra présenter des différences essentielles. Nous ne croyons pas en effet qu'il soit possible de rétribuer sur le pied d'une journée fixe le travail des cultivateurs: la nature spéciale de ce travail, les conditions infiniment variables dans lesquelles il s'exécute, l'impossibilité de l'astreindre à toute règle et à toute surveillance sérieuse, la part qu'il laisse à l'iµitiative individuelle pour être accompli convenablement, le désir que doit éprouver tout législateur d'assurer autant qu'il le peut une pleine indépendance aux citoyens, toutes ces considérations nous ont amené à penser qu'il fau! que le cultivateur soit laissé libre de travailler à son gré ..La nation n'interviendra donc vis-a-vis de lui que pour lui donner les moyens de produire et lui acheter ses produits. Les peintres, les sculpteurs, les littérateurs, les inventeurs seront également rétribués sur les produits de leur travail. Les ministres des cultes seront payés par leurs adeptes. Les éditeurs de journaux trouveront leur profit dans la vente de leurs feuilles. Mais ce ne sont là que des exceptions. En n'en tenant pas compte, on trouve que la nation sera divisée en deux grandes classes: Les cultivateurs possesseurs de lots, qui seront rétribués par l'achat de leurs produits; Et l'universalité des autres citoyens qui recevront des salaires journaliers plus ou moins élevés. Occupons-nous d'abord des agriculteurs. La composition des lots de culture et les prix ·d'achats des produits seront calculés de façon a ce que le possesseur d'un lot gagne un peu •plus, en moy~nne, que les journaliers de première classe. Les comptabilités agricoles fourniront la base de ces calculs, car elles disent le nombre de journées qui entrent dans la production d'un hectolitre de blé ou de vin. Dans les terres de bonne qualité, les lots seront naturellement moins étendus que dans les terres médiocres ou mauvaises. De plus pour indemniser les possesseurs de ces derniers lots, on leur fournira gratuitement un nombre variable de journées supplémentaires. Bref les lots seront équilibrés de façon à ce que dans tous on puisse, par un travail égal, obtenir le même rendement. Les paresseux et les négligents tomberont au-dessous de la moyenne. Les actifs, les intelligents s'élèveront.au-dessus. Rien de plus juste. Dans les pays de plaines la grande culture, plus scientifique, sera
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