138 LA REVUE SOCIALISTE saire. Nous ne lui refuserons pas, pour accomplir ce travail de premier établissement, les quelques mois qu'il pourrait solliciter. * * * Telle est, nous semble-t-il, la conception que le parti socialiste peut faire rapidement. triompher, s'il sait éduquer et documenter l'opinion. - La suppression des contributions directes actuelles, la s,gmbinaison de l'impôt du capital et de la taxe du revenu; une progression soigneusement établie; une exonération intégrale a la base et jusqu'à un certain chiffre; la déclaration exigée du contribuable, pour donner une première base d'appréciation au fisc, mais sous la réserve d'un contrôle minutieux : voilà les principes d'une proposition qu'il sera facile de dresser et qui serait assurée de répondre au vœu de la démocratie ouvrière et paysanne. Nos amis ne failliront pas à leur tâche. Et qu'on n<t dise pas pour terroriser certains esprits timides, que la taxation progressive constitue un acte socialiste, un acheminement vers la société collectiviste. Ceux qui invoquent de tels arguments attestent ou bien leur mauvaise foi ou bien leur parfaite ignorance de nos doctrines. Pour qui a etudié la théorie socialiste, la conception de !'IMPOT est en contradiction absolue avec l'ensemble de nos idées. Elle ne saurait se concilier avec la notion d'un groupe d'hommes, qui exploiterait en commun un capital collectif et ou l'appropriation individuelle serait réduite à un minimum. Pour qui veut raisonner, la taxation même trés progressive du capital et du revenu servirait bien faiblement nos fins. Le jour ou la nation française voudra socialiser toutes les propriétés mobilières et immobilières, elle pourra user d'autres procédés. Lorsque la Constituante sécularisa les biens du clergé, elle ne leur infligea pas une contribution à graduation ascendante, elle décréta qu'ils étaient biens du peuple. A défaut d'acte révolutionnaire, l'impôt des successions nous mè11erait plus vite que l'impôt du revenu à une socialisation plus ou moins complète, des terres, des usines, des services de transports, etc., etc. Si donc nous défendons en matière fiscale les principes que nous venons d'exposer, c'est qu'ils réalisent à notre sens et dans la plus large mesure possible la somme de justice compatible avec le régime économique présent. Depuis que nous avons évolué vers l'action parlementaire, nous nous sommes fait honneur de ne négliger aucune réforme si minime fût-elle, de lui donner le concours de
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