• 126 LA REVUE SOCIALISTE ropeennc. Le livre avait été tr:Hluit en anglais et parut même .:n Angleterre quelques jours avant la publication en Russie. La traduction fr:inçaise vient <le paraitre chez Ollen<lor/f par l·Lilpérine-Kaminsky, traducteur habituel de Tolstoï. C'e~t <lire qu'il offre toutes les garanties désirables de fidélité. Comme d'autres volumes annoncés ici, il fera l'objet d'une prochaine étude, l'espace nous faisant défaut, pour donner une idée même succincte des multiples problèmes d'esthétique, de morale et d'économie sociale soulevés par Tolstoï dans cette dernihc œuvre. Nous nous bornerons à signaler la critique très vigoureuse qu'il fait de l'école décadente française. Nos jeunes poètes et même les vieux, restés incompréhensibles, comme M. Mall~rmé, feront bien <le méditer les pages que Tolstoï leur consacre : elles sont sévères et dépassent sans doute la mesure. Il n'y a pas moins <les choses très justes qu'ils profiteront :i retenir. Alphonse Daudet, par UoN-A. DAUDET, 1 vol. de la bibliothèque Charpcntier-Fasquelle, 3 fr. 50. Alphonse Daudet est rnconté par son fils dans ce livre où la figure intime du grand l'0· m:tncier, ses goùrs, ses aspira:ions, ses sympathies et ses haines sont notées~ d'une plume filiale, dont la piété n'exclut pas la justesse. La note douloureuse qui vibre dans ces pages d'une émotion intense en rend plus attrayante la lecture et ce n'est pas peu de chose que d'intéresser en un sujet pareil, où les plus délicieux souvenirs, ceux qui ont laissé la trace la plus profonde dans le coin de YOtre cœur, risquent <le paraitre froids et ternes aux yeux des lecteurs. Lys sauvage, par ANoRC T11EuRrnT, I vol. de la bibliothèque CharpentierFasquelle, 3 fr. 50. - La mode étant aux bondieuseries, M. Theuriet .1 cru devoir sacrifier au gotît du jour en nous racontant la vie d'une petite bossue ravissante devenue mystique par désespoir de trouver ici les joies de l'amour qu'elle convoite. La petite Germaine (le lys sauv.1ge) est toutefois une mystique quelque peu ind1sciplinée, et par là ce volume sort de l'ordinaire banalité des histoires de ce genre. Naturellement l.1 sci:ne se passe dans les Vosges, sous bois, et des profils de p.1ysans sont dessinés dans l.1 touche habituelle du maitre sur la lisière de la forêt. [nterrupta, par PAUL Gu1Gou, préface de François Coppée. I vol. in-18 (Pion). - Paul Guigou était un jeune Marseillais charmant, que nous avons connu a Paris voici des :rnnées. Nous lui avons entendu dire <l'une voix tri:s douce, dans une réunion littéraire que présidait, je crois, notre collaborateur Bernier alors directeur de la Revue Moderne, la poésie qui ouvre ce volume : L1 Patrie elue. C'était un poète tri:s fin, un lettré délicat, un penseur subtil, capable d'écrire des choses très belles, d'en penser de très profondes, mais qui rêva lonauement l'œuvrc à faire. Il est mort sans la finir, ayant à peine, çà et 1:1,ébauché quelques visions, noté des sens.nions que la « méchante toux », comme il l'appel:iit, traversait de ses lancinements. D.:s mains pieuses ont réuni ces ébauches, vers et proses, espérances littéraires pn:cieuses qui s'en sont allées avec lui, et M. Fran~ois Coppée a écrit poù-r ces pages, dont quelques-unes sont très belles, une préface émue faite de ses souvenirs sur Guigou. De là le titre de ce volume : !11/errupln.... Le prince Brutus, par MARlECoLOMBIER, I vol in-18, 3 fr. 50 (Flammarion). - Leprince Brutus est un roman un peu ... sp~cial à son auteur. Marie Colombier nous fait passer à travers des salons étranges de la société p.1risicnne, dont on nous affirme qu'elle « connait tous les dessous». Ces dessous ne sont pas toujours très recommanditbles, l'auteur les décrit d.111sune lumière crue qui permettra peut-être un jour de reconstituer plus facilement l.1 corruption aristocr.1tique de la fin de cc siècle. Le Déserteur, par TutoDORE CA11u, r vol. in-18, 3 fr. 50 (Flammarion). - Roman militaire, naturellement, où l'honneur de l'année est représenté par des officiers impec~ables, ayant toutes les vertus et tous les dévouements. L'auteur a dessiné cependant, pour les besoins du drame qu'il raconte, quelques portraits d'officiers qui ne sont pas flattés et dont les canailleries rompent la monotonie héroïque du récit. Sacré Léonce! par P1ERRE WoLn, 1 vol. in-18, 3 fr. 50 (Flammarion). - Histoires bouffonnes, abracadabrantes, mais semées ça et là <le traits piquants, d'observations malicieuses, par instant cruelles : il s'agit d'un bon jeune homme de province que l'oncle de Paris déniaise pour ~.1 fille. Cette idée, bien bourgeoist:, de faire déniaiser le fiancé par le père de I.1 jeune fille est originale, et il s'en est fallu de peu de chose pour que M. Pierre Wolff, tout en ëcrivant un livre alerte, spirituel et gai, fît une sanglante satire des mœurs bourgeoises contemporaines. Germaine . par AunÉRY Du BouLLEY, I vol. in-18, 3 fr 50 (Société libre d'édition des gens de lettres). - Une idylle sans prétention, racontée simplement, dans un style suffisant, empreint d'un charme méI.111coliqueet doux, nulgré la philosophie pessimiste qui l'a inspirée. L'Esprit nouveau dans la vie artistique, sociale et religieuse, par LÉON BAZALGETTE, I vol. in-18 carré, 3 fr. 50 (Société d'éditions littéraires). - JI y a vingt-cinq ans, Edgard Quinet publiait /
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