I 24 LA REVUE SOCIALISTE got). - i\l. Letourneau poursuit lentement, mais sûrement, l'œune colossale entreprise depuis tantôt quinze ans et qui consiste, comme chacun sait, à étudier les phénomènes sociaux aux divers stades de leur Jé\'eloppement. Cette fois, c'est l'histoire du phénomène éducatif qu'il décrit, a\'ec la rigueur ,k méthode, l'abondance d'informations, l'originalité de \'ues et d'aperçus qui font de ses lincs une mine inépuisable d'observations suggestives se rapportant :i tous les temps et i1 tous les pays. JI sera fait un compte rendu plus détaillé de ce line, dor,t nous ne pouYons que signaler l'app.1rition dans ces brèves notices. Bornons-nous à dire qu'il ne dép.1re pas la collection et qu'il est de tous points digne de ses ainés. Colectivismo agrario en Espana. Partes l y Il : Doctrinas y hechos, par JoAQUI~ CosTA, de l'Académie royale des sciences morales et politiques, 1 fort Y0· lume in-8, Madrid (Imprenta de San Fran• cisco de Sales). - Le collectivisme agraire, mis à la mo,lc p.u les théories de Henry George et l'adhésion <le Valbce à b doc• trine de l'écrivain américain, est le produit naturel du régime social où pré<lomi ne la grande propriété foncii:re. La po• pul.1rité r.1pi<lefaite :1 cette théorie en An· gleterre et en Amérique, où la concentr.1tion du sol entre les mains d'une minorité d'oisifs est le fait économique dominant de l'é\'olution agricole, confirme b théorie philosophique générale du socialisme, que les idées et les systèmes sont issus d..:s conditions économiques de temps et de lieu où ils se produisent. L'Espagne, pays de grande propriétc, a vu fleurir également une littérature collectiviste agraire importante, et le livre de M. Joa• quin Costa passe en revue les œuvres de tous les écri,·ains de son pays qui se sont occupés de la question. lis sont nombreux, depuis Juan-Luis Vives (1596), jusqu'à Ah-arez-Florez Estr.i<la. C'est la première partie dè J'ouvrage. D.111s l.1 seconde, M. Joaquin Costa examine les divers modes de tenure collective, subsistant en Espagne et l'ènsemblc des faits qui confirment ou infirment les théories agrariennes des publicistes espagnols. La troisième partie sera consacrée à la critique de la théorie et des faits. Nous attendrons qu'elle ait paru, pour parler plus amplement de ce travail important, qui contient des renseignements ,lu plus haut intérêt, non seulement sur la littérature économique se rapportant au collecti• visme agraire, mais encore et surtout sur les diverses formes propriétaires espa• gnoles. Les Français d'aujourd'hui, par ED)IOND DEMOLINS, I vol. in-18, 3 fr. 50 (Firmin-Didot). - Depuis plus de vingt ans, M. Demolins s'est attaché à vulgari• ser les idées de Le Play et à vérifier expérimentalement les données des sociologues compl<!tées et précisées p.tr M. de Tourville, que lc"s disciples de la Réforme sociale traitent de dissidents. L'œuvre <le i\I. Demolins dans la voie tr.1cée par Le Play et Tourville était considérable et jusqu'ici Je silence le plus complet régnait sur ses travaux. Mais voil:1 que tout à coup parait un livre tapageur sur la supériorité des Angle-Saxons et, du jùur au lendcm.1in, M. Demolins est entré, sinon dans l:i gloire, au moins dans la grande publicité. Le li,•re qu'il publie aujourd'hui n'aura sûrement pas le retentissement de son livre sur les Anglais, bien qu'il lui soit supérieur, par la dépense cje trav.1il et d'information énorme qu'il .1 coûté. C'est la monographie sociale des pro• vinces Ju i\lidi et du Centre. décrites à l'aide de monographies spéciales et d<!tachées scion les r~gious, le mode de culture, de progression, etc. Nous sommes loin de trouver dans l'ensemble des faits recueillis tout ce que M. Demolins y découvre. Mais, composé scion un pl.111et une méthode rigoureux, l.1 lcctnrc de ce line est d'un grand charme et abonde de rcnse1gne1m:nts du plus haut intérèt. Correspondance inédite de Stuart Mill avec Gustave d'Eichta], publiée par Euci;.NE u'E1cnrAL, r \'OI. de la Bibliothèque de philosophie contemporaine (Alcan). - M. Eugen..: d'Eichtal a rendu un service important à l'histoire de J.1 pensée en publiant ces lettres, dont les plus intéressantes se rapportent à la période 1829-1834, période troublée mais féconde, qui vit s'épanouir l'é.:ole saint• simonienne et 11.1itre l'école positiviste. D'Eichtal et Stuart i\lill étaient alors de tout jeunes hommes et l'on est s.1isi d'admiration pour ces intelligences déjà si hautes, dont l.1 correspon<lanœ révèle des facultés d'abstrnction et de spéculation philosophique si éminentes. i\,l.tis surtout, on aime à const.1ter les nobles passions qui enthousiasment ces jeunes gens. La partie la plus considérable de cette correspondance nous montre les cflorts tentés par <l'Eichtal pour convertir J. Stuart Mill au saint-simonisme, les doutes, les hésitations du grand philosophe :inglais qui cherche sa voie et, séduit par la grandeur de la transform:ttion sociale que rêvent les saint-simoniens, adhère progressivement mais lentement à la doctrine, déjà me• nacée <le disp:iraitre, qu:ind Mill est tout pri:s de se donner définitivement :i elle. La Commune, par I.ou1sE i\11c11EL. 1 vol. in-18, 3 fr. 50, Stock. - C'est un volume de souvenirs qui, i1 J'aide de quelques documents servant de point de repère et de cadre à l'auteur, constituent une histoire Yibrante des événements de 1870-71. On sait que Louise Michel a vécu des heures tragiques d'où elle est sortie comme le Dante de sou terrible
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