2 LA REVUE SOCIALISTE semble des suffrages. (Rcm:irquons cependant que, parmi les cinq cent mille suffraaes comptés comme socialistes se trouYcnt ceux des radicaux, qui on~fait alliance :ivec le Parti oun-ier. On peut éYaluer leur nombre ù cinquante mille, au m:i:,imum.) 2o Les /ibérnur, qui déjà n'avaient plus gran<l'chose .\ perdre, 011t vu Jt,urs~ffectifsse réduire de 182,980 voix. Ils l'.:taientnne Yingtaine à la Chambre, au lendemain de la revision. Trois ou quatre <l'entre eux _ rari 11a11/e;s,,.gurgite vnslo - y représentaient spécialement l'ancien parti doctrinaire. Ceux qui restent maintenant sont des radicaux, dont les votes à b Ch:imbre se confondent aYec ceux des socialistes. 3o Les cléricaux, entamés <l'une part par les socialistes, de l'.1utrc par les démocrates chrétiens, 11'011p/lus ln 11111jordit1è111les t'orps électoral. Libéraux et socialistes, en effet, malgn'.:le vote plur.il, - si av:intagcux aux conservateurs - n'ont obtenu, en 1896 1898, que 895,63 r voix, contre 848,0_~7données anx cléricaux. Soit donc, sans compter les voix des démocrates chrétiens, plus de 47,ooo YOixde majorité antigouYernemcntales. Et cependant, i chaque élection, la m:ijorite pnrlm1mt11ire :iugmente : 57 voix en 1894, 70 en 1896, 72 en 1898. A mesure que le parti clérical recule, le nombre de ses dcputés Ya croissant, gr,\ce aux scrutins <ll'b. allottage. Les bourgeois libéraux, qui ébranlent le colosse au premier tour, en haine <lela calotte, le consolident au second tOnr, par crainte du bonnet phrygien. C'est ainsi qu'aux élections de 1896 24 cléricaux sortants, en ballottage avec des soci:ilistes, furent réclus, à la fayeur des Yoix libérales, qui les aYaient mis en échec huit jours auparavant. Cette année encore, le même phénomène s'est produit : les quatre députés socialistes de Verviers, qui :1Y,1ientobtenu, le 22 mai, 2,000 Yoix de plus qu'en 1894, ont été écrasés, le 29, par Ll coalition clérico-libéralc. Par contre, grâce au ralli'cmcnt d'un certain nombre de radic;:i.ux,nous avons gagné trois siéges dans les ,1rronJisscn1<.:ntdse Thuin et de Huy. En somme donc, malgré la formidable apparence d'un gouYerncment clérical s'appuyant sur plus des deux tiers de la représentation nationale, il faudrait bien se garder de croire que nous YiYons en pleine théocratie et que la Belgique - cc paradis du libl!ralisme - s'est transformée, depuis quelque quinze ans, en une Y,1stec.1pt1cinière. Si fanatiques que puissent être nos cléricaux, ils ne peuYcnt oublier que, minorité dans le pays, leur prépondérance au Parlement n'est duc qu'aux. doubles et triples Y0tes de la bourgeoisie et ;\ l':ippoint, dans les ballottages, de la grande moitié des électeurs libéraux. Aussi leur politique diffère+elle beaucoup moins qu'on pourrait le croire de celle des opportunistes français, depuis le régne dé l'esprit
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