La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

·8-1- LA REVUE SOCIALISTE 360 millions qui, inscrit au budget, assurerait à tous les vieillards de France la sécurité et la dignité de leur vie. Alors la question se pose nettement entre les adversaires des réformes fiscales et ceux qui, pour réaliser l'asssurance nationale contre la misère, ne reculeront pas devant les réformes fiscales nécessaires, ceux qui, soucieux avant tout de protéger les derniers jours des travailleurs, vieillards qui pendant quarante ans de leur vie ont donné au pays tout ce qu'ils avaient de forces et d'énergies, n'hésiteront pas devant l'obligation douloureuse de demander à M. de Rothschild et autres ploutocrates, un impôt un peu plus lourd que celui qu'ils paient (Applaudissemeuts.); le pays sera éclairé; il choisira en connaissance de cause. Nous irons lui dire : nous, parti socialiste, nous voulons, non parce que c'est une réforme socialiste, mais parce que c'est une réforme pratique, juste, immédiatement rlalisable, capable d'adoucir les maux de~ travailleurs, nous voulons, d'ici quatre ans, au , cours de la législature qui va s'ouvrir, faire voter par les Chambres cette loi sur les retraites! Cette loi n'a pas été étudiée seulement par le parti socialiste; elle est connue des intéressés eux-mêmes; toutes les Bourses du Travail de France ont, les unes après les autres, adopté ce projet; dans une correspondance· fort caractéristique, dont quelques extraits ont été publiés, elles déclarent que si cette réforme soulève des critiques de détail, si elle ne réalise a aucun point de vue, même de loin, l'idéal socialiste, elle apporte cependant un soulagement immédiat, appréciable, à la classe ouvrière et que g_our cela elles l'adoptent et la recommandent. C'est ensuite le Congrès des Bourses du Travail, qui, à Toulouse, a adopté et fait sien ce projet. C'est pour cela que Jaurès, Gérault-Richard, Viviani, Guesde, Vaillant, Deville, beaucoup de nos amis et moi, l'avons recueilli pour le transformer en un projet de loi, non avec l'espoir illusoire que cette législature qui expire pourrait l'adopter, mais avec la volonté ferme de le placarder aux élections prochaines sur tous les murs de toutes les communes de France et de mettre en demeure tous les candidats de choisir entre la réforme qui donnera un peu de pain aux vieillards indigents, et la continuation des abus fiscaux qui exetpptent les.riches de contribuer dans la proportion de leurs facultés, mais qui ne permettent pas a la démocratie de remplir a l'égard des plus méritants et des plus malheureux des siens le premier de ses devoirs, leur assurer le droit a la vie! ( Appiaudissemwts.) Je vous demande pardon d'avoir si longtemps retenu votre attention. Si le parti socialiste, après avoir inscrit en tête de son programme ks principes qui sont sa raison d'être et sa justification, se déclare en Jnême temps le défenseur de toutes les conquêtes de la République, l'allié ardent de tous les démocrates dans la campagne ouverte contre la

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