LA PLATE-FORMEÉLECTORALE 81 une réforme ·profondément utile non seulement pour le pays, mais pour l'armée elle-même; on aurait introduit dans nos regiments un principe d'émulation, un stimulant qui serait certainement excellent _potJr l'instruction de nos troupes. Ce sont là des arguments tellement logiques et simples que je me ferais scrupule d'insister. Je n__!ceontente <l'attire~- l'attention de tous nos amis sur l'urgence qu'il y a à consacrer toute l'activité du parti socialiste dans l'ordre de l'action parlementaire, à mettre en tête des réformes pratiques qu'auront à défendre les députés socialistes, cette réforme de la réduction du service militaire à deux ans. L'autre n'est pas moins importante et elle aura, je crois, des conséquences beaucoup plus profondes. Elle est ardemment souhaitée par l'unanimité du pays. On l'a, jusqu'à présent, présentée sous ce titre : _Caisse des Retraites pour la Vieillesse. Ce projet offre à tous ceux - ils sont légion - qui ne savent comment ils pourront vivre quand le travail leur manquera et quand l'outil leur tombera des mains, un tel espoir, il a suscité dans toutes ·1es classes un tel élan, il est si populaire que tous les partis ont essayé de le réaliser. M. Constans, lui-même, a déposé un projet de caisse des retraites. M. JAURÈS. - C'était une compensation à la fusillade de Four• mies. M. MILLERAND-. En effet, comme dit Jaurès, c'était la rançon de Fourmies; insuffisante, d'ailleurs, et purement illusoire. Celui qui avait rédigé le projet, comme les rédacteurs des autres projets, dn reste, s'était dit : Pour servir une retraite aux vieillards indigents, il faut avoir les fonds nécessaires pour produire des intérêts annuels suffisants à payer ces retraites. C'est le système de la capitalisation, c'e5t le point de dé.part. La conclusion, c'est qu'il faudrait d'abord que les travailleurs qui auraient déposé leurs versements mensuels attendissent vingt ou vingt-cinq ans avant que la loi ne commençât à produire des effets. Lorsqu'on aurait amassé 20, 30 ou 40 milliards, on pourrait penser à distribuer des retraites. Quelle assemblée voudra jamais d'une pareille loi et consentira à infliger immédiatement des sacrifices toujours très lourds à tous les travailleurs avec l'espoir qu'en un quart de siècle plus tard ces sacrifices porteront leurs fruits? •Il y a un autre obstacle aussi considérable à la réalisation de cette idée. Où mettrez-vous les 25 ou 30 milliards que vous aurez am;issés en. vingt ou vingt-cinq années? Les placerez-vous en rentes sur l'État? Mais la caisse des dépôts et consignations, qui en a seulement 5 à 6 provenant des caisses d'épargne, ne sait déjà plus où donner de la .tête! On a dit : nous ferons des placements industrièls ; mais dans guelle~ industries? Croyez-vous que les mines, les grandes industries 6
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