NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES inconnus proprement dits qui som curieuses : telles celles de Chappuis et du général Calfarelli du Halga. Devant la vie, par CHARLES MAN; étude préface de Louis Lumet sur la littérature contemporaine. r vol. (de kt société artistique et littéraire). 2 francs. - L'auteur résume ainsi sa tentative : « Dans cc livre s'exprime l'âme d'un jeune homme de ce temps qui croit être arrivé it la compréhension saine et emiere des êtres et des choses. » Hum! La générosité de la pensée, exprim~e en d'ardentes strophes de pitié pour les souffrants, d'amour de la. vie, de la beauté et de la justice, compense l'ambition démesurée du rêve. "Cela est naiment la joie, cela est vraiment l'existence que de ,·oir sa pensée refléter la vérité, que de sentir son cœur palpiter de Beauté et de Justice. » M. Lumet a ~crit pour ce livre, élégamment édité, une belle étude sur les tendances et les aspir.ttions de la jeunesse littéraire. Les hommes de la Révolution de 1871 : Raoul Rigaut, r ,toi., Rossel, I vol., par CHARLESP1toLÈS.(Paris, Clrnmuel).- Charles Prolès a entrepris d'ecrire l'histoire des hommes de la révolution de la Commune. Déjit il a publié dans cette collection un volume consacré ,\ Ch. Delescluze qui est l'étude •biographique et politique la plus complète qui ait encore paru sur l'ancien lieutenant de LedruRollin. Les biographies de Rigaut et de Rossel sont également bien venues, écrites avec autant d'impartialité que de discernement judicieux. L'auteur met très bien en relief, dans le premier, le caractère semi-bohéme et héroïque de cette jeunesse turbulénte du quartier latin, enrégimentée par Blanqui, et jetée soudainement dans une lutte tragique et sans merci. Elle y apporta les habitudes légères, le langage gouailleur et aussi, hélas I le fanatisme violent qui dessèche le cœur aux heures de trouble profond, dans les mêlées confuses comme fut celle de la Commune. Charles Prolès a montré l'inutilité de l'exécution des otages et la responsabilité personnelle qui en incombe à Raoul Rigaut. - Rossel, lui, était tout le contraire de Rigaut. Le jeune officier de génie était un sobre, un taciturne, un studieux. Qu'y avait-il au fond de cette physionomie sévère, un peu rigide de cévénol? Les jugements les plus divers et les plus contradictoires ont été po:tés sur son compte. A entendre les uns, ce taciturne n'était qu'un poseur, dont l'aspect froid et compassé dissimulait le vide de la pensée; selon d'autres, une âme ardente, ambitieuse mais énergique, susceptible de faire de grandes choses, tel aurait été Rossel. Ch. Pro lès s'est tenu également a l'écart de l'admiration et de la haine. Il s'est borné à raconter de lui ses actes, dégagés des critiques passionnées des historiens de la Comlllune. Peut-être cette moyenne donnc-t-elle le véritable résum~ de Rossel, figure énigniatique dont la JllOrt a emporté avec elle son secret - s'il avait un 5ecret. Souvenirs d'un abbé journaliste, par l'abbé FEscu, 1 vol. in-r8, 3 fr. 50 (Flammarion, Paris). - L'abbé Fesch appartient à cette cohorte nouvellement le,·ée de prêtres turbulents, entrés ,bns la vie politique active par la prédication sociale et le journalisme. Il semble qu'il y ait apporté plus de gotît pour les canards à sensation que d'onction évangélique, car il a été pendant quelque temps directeur de la Cocarde, qui avait la réputation d'être un journal peu scrupuleux sur le choix des manchettes. En tout cas, l'abbé se met à l'aise dans son nouYeau rôle et il raconte gaillardement ce qu'il a vu et entendu dans les milieux très divers et parfois singulierement composés qu'il a tra,·ersés. Il semble dire que l'accueil fait par moi dans la Revue Socialiste a un petit livre de lui intitulé : De l'ouvrier et du respect aurait quelque peu contribué it le pousser dans la méke politique et sociale. Pourtant l'anecdote qu'il raconte ·it mon sujet et qui rCJllOntc it 1888 semblerait démontrer au contraire que déjit à cette époque notre abbé était fort apte à se débrouiller dans les coulisses difficiles de la publicité contemporaine. Filles d'Orient, par Louis GASTYNE, r vol. in-18, 5 francs (Flammarion, Paris). - Un volume richement édité, orné de photogravures en couleurs hors texte et de nombreuses gravures dans le texte même qui commentent et traduisent les récits un peu ... lascifs, pour lesquels Armand Silvestre s'est mis en frais d'une préface appropriée. Le texte du volume est suggestif, et les dessins de Zier et de Lelong sont d'une pureté exqnisc. ln Calabria, par CESARELoMnRoso, r vol. in-12, de la bibliothèque popu- 'laire contemporaine (Gianotta, Catania). - C'est la mise au net, légèrement remaniées et complétées de notes prises sur la Calabre en 1862 et déjà publiées en parti<: à cette époque. M. Lombroso les a mises au point en modernisant la physionomie de la Calabre qui ne s'est d'ailleurs guère modifiée depuis 1862. Bien que le livre n'ajoute pas grand'chose il l'œuvre du célébre écrivain italien, il est bon a consulter néanmoins, parce qu'on y trouve des qualités relevées déjà dans ses autres ouvrages, c'est-a-dire une documentation abondante, beaucoup de faits, d'observ:ftions de tout ordre sur la démographie, l'économie, les mœurs et la criminalité de la province qu'il décrit. En somme, c'est l , la monographie d'un pays curieux à bien des titres, comme la plupart des provinces méridionale~ de l'Italie sur lesquelles l'unité a passé s~ns les incorporer
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