LE PARTI SOCIALISTE ITALIEN ET LA RÉVOLTE DE MILAN ï49 mène le plus saillant de la vie morale italienne. C'e:,t un ctat de malaist: moral auquel n'échappe aucune classe, parce qu'il dèrive d'une condition économique générale qui rend l'existence de plus en plus difficile aux classes sociales pauvres, j'entends la petite bourgeoisie aussi bien que le prolétariat. Je le répète, aucun groupe social n'est exempt de cette pénible condition d'incertitude et de terreur. Phénomène d'autant plus douloureux qu'il n'a pas un caractcre transitoire, mais progressif. La cause en est dans le manque absolu <le prhoyance sociale et de concessions - reformes - et dans l:i confiance aveugle, ingénue, cn la répression politique. Dans cc tempêtueux et périlleux tourbillon de la vie sociale, dans cette marèe montante du mécontentement universel, l'idéal socialiste et, par lui, le parti socialiste est le grand canal dans lequel se déversent, rapides et bouillonnants, beaucoup de ces flots, endigués cette fois par la discipline. Voici donc les énergies humaines, soustraites au malaise, qui se canalisent dans le courant socialiste, satisfaites de trouver enfin un emploi productif, de courir :\ un but - le bonheur, la« bonace » - heureuses de se soustraire à l'agitation sans règle du lac clos, pour faire tourner, courant fécond, rapide et fort, la roue du moulin« qui moud le grain de l'avenir ». Pour toutes ces raisons on peut dire qu'à Milan la révolte a éclaté, non par suite de l'existence, mais malgré l'existence du parti socialiste. Quand il sera plus fort à Milan, ces révoltes ne seront plus possibles. Son énergie disciplinatrice aura le dessus. Prof. GEROLA)IO GATTI, Député au Parlement italien. '
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==