\ LA FÉDÉRATION ANGLO-SAXONNE 739 LA FÉDÉRATION ANGLO-SAXONNE Le discours que M. Chamberlain, ministre des colonies d'Angleterre, a prononcé le 12 mai 1898, à Birmingham, a eu un énorme retentissement de par le monde. Bien que le 17 du même mois, lord Salisbury ait déclaré au Parlement de Westminster n'avoir pas connaissance des paroles de son collègue, jamais harangue n'a suscité plus de commentaires, ni provoqué plus d'émotion. On ne peut au surplu~ contester la légitimité' <l'e cette universelle inquiétude. M. Chamberlain avait parlé à la Russie dans les termes comminatoires qu'affectionnait jadis Napoléon fer; il avait dit à cette puissance de très dures vérités qui, dans une autre bouche, eussent passé pour des injures et suscité une riposte; il faisait la théorie de l'alliance anglo-américano-japonaise; enfin il développait une fois de plus, et avec une précision inaccoutumée, la fameuse thése de la fédération anglo-saxonne qui est, à vrai dire, 1.rnedes nouveautés les plus intéressantes des quinze dernières années. La politique étranghe, les relations internationales ne sauraient échapper à la critique socialiste; en les négligeant pour s'enfermer dans l'analyse des événements intérieurs, en reléguant à l'arrière-plan de ses études des faits, qui, en apparence seulement, relèvent de la pure diplomatie, la démocratie des divers états civilisés concevrait mal son rôle. Les combinaisons de peuples, les pactes de puissance à puissance peuvent amplifier à l'infini ou éclairer d'une pleine lumière des phénomènes économiques et sociaux encore insignifiants ou obscurs; les rapprochements ethniques ou autres qui se produisent sous nos yeux, en contribuant à l'évolution historique, modifient la valeur des facteurs en présence, engendrent une réaction ou recèlent un progrès. En tout cas l'examen des rapports de nation à nation élargit le champ de vision et suggère des confrontations qui ne restent jamais stériles. On nous permettra donc d'émettre quelques idées à. propos du discours, déjà fameux, de Birmingham. M. Chamberlain n'est pas des nôtres : à peine avons-nous besoin \
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==