La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE ET PROPRIÉTÉ SOCIALE Ï I prétendre qtle telle chose doit être appropriée collectiYernent, et telle autre, individuellement? La coexistence de ces deux espèces de propriété est tellement rationnelle que M. P. Argyriadès lui-même l'accepte. - « De son propre aveu, M. Renard admet la socialisation de la terre, des usines, des instruments de traYail et de toute la production; alors en quoi consistera, d'après lui, la propriété individuelle?» - Est-il bien certain que M. Georges Renard demande la socialisation de toute la production? S'écrier avec lui : « Socialistes, mes amis, dites bien que vous défendez, vous aussi, la propriété individuelle, mais la seule respectable, la seule juste, celle qui repose sur le travail», est-ce là vouloir la socialisation de taule la production? Je viens d'affirmer que M-. Argyriadès lui-même accepte la coexistence des deux espèces de propriétés: individuelle et collective. En voici la preuve : - « Le mot socialisme porte avec lui sa propre définition. Qui dit << socialisme » entend la socialisation de toutes les richesses, mobilières et immobilières et du moment que les richesses seront sociales, nul ne pourra prétendre être propriétaire individuel de tel morceau de terre, de telle partie de la richesse sociale qui doit servir à tous.» Jusqu'ici je parais être dans mon tort; mais attendons la fin. M. P. Argyriadcs va rectifier, dans une note, cc que sa proposition a de trop absolu : - "<< Certains biens tels que : vC:tements personnels, souvenirs artistiques ou autres objets de peu d'importance, n'entrent pas en compte. Il n'y a pas à discuter sur des choses aussi simples. » - Parfait. Mais s'il est si simple d'admettre que certains objets. doivent rester propriété individuelle, pourquoi affirmer d'autre part, d'une façon si càrrée : Qu'on ne peut être partisan en même temps de la propriété collective et de la propriété individuelle; Que par le mot !Ocinlisl/le il faut entendre la socialisation de Ioules les richesses; Et que 1111l n'est en droit d'être propriétaire individuel? Évidemment, M. P. Argyriadès est, au fond, d'acore! avec npus, et ce qui nous sépare est purement une question de quantité. Mais pourquoi s'efforce-t-il de faire croire qu'il ne veut pas, lui non plus, de l'appropriation individuelle appliquée à certaines richesses mobilières? AGATHON DE POTTER.

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