LE PROBLtME DU PROGRtS aux îles Tonga, à VaYao, à Tongatabou, etc. Le même fait paraît se produire aux Fidji. » Ce n'est pas seulement la mort que le civilisé porte aux peuples sauvages, c'est aussi les vices les plus dégradants, les maladies les plus meurtrières, la stérilite, etc. L'affaiblissement organique et la démoralisation des races inférieures constituent l'un des spectacles les plus affligeants qu'il nous soit donné de pouvoir contempler en ce siècle pourtant si fertile en tableaux attristants. N'est-il pas le fruit de la lutte pour l'existence que la plupart des disciples de Darwin osent nous présenter comme un facteur de progrès? * * * La lutte entre barbares et civilisés n'est pas moins défavorable au perfectionnement de l'espèce. Les Hollandais à Java, les Anglais dans l'Inde, les Français en Algérie, les Turcs en Égypte et en Armenie ont affaibli et démoralisé les populations indigènes sans utilité pour la Civilisation. Java a été le théâtre d'une exploitation peut-être unique au monde. Dans son iivre Java et sesDépeuda1Zces (1817) T. Stamfort Raffles, ancien gouverneur de l'île, reconnaît que l'histoire de l'administration coloniale des Hollandais « déroule un tableau de meurtres, de trahisons, de corrnption et de bassesse qui ne sera jamais égalé». - << Rien de plus caracteristique que leur système d'enlèvement des naturels de Célèbes à l'effet de se procurer des esclaves pour Java, dit K. Marx dans son Capital (1867). Ils avaient tout un personnel spécialement dresse à ce rapt d'un nouveau genre. La jeunesse enlevee était enfouie dans les cachots secrets de Cél:-èbesjusqu'à ce qu'on l'entassât sur les navires d'esclaves. « La seule ville de Makassar, par exemple, dit un « rapport officiel, fourmille de prisons secrètes, toutes plus horribles « les unes que les autres; remplies de malheureux, victimes de l'avi- « dité et de la tyrannie, chargés de fers, violemment arrachés à leurs « familles. » Pour s'emparer de Malacca, les Hollandais corrompirent le gouverneur portugais. Partout où ils mettaient le pied, la dévastation et la dépopulation marquaient leur passage. Une province de Java, Banyuwangi comptait en 1750 plus de quatre-vingt mille habitants. En 1811, elle n'en avait plus que huit nJ.ille. » L'histoire de l'Inde sous la domination anglaise est le martyrologe de ses habitants. ,.
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