La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

\ LA JŒV.UE SOCIALISTE .. Les tremblements de terre, la foudre, les inondations, les avalanches, les tempêtes, les éruptions volcaniques, le grisou, etc., dctruisent de nombreuses existences. Les individus les plus faibles, les plus débiles, les plus maladifs, les plus mal constitués sont-ils plus exposés a périr que leurs congénères? Non. Ici, la Mort fauche en aveugle. La, elle frappe les plus hardis qui sont souvent les plus sains de corps et d'esprit. Cc fait a frappé de nombreux observateurs. « Ce sont les hommes les plus robustes, les plus énergiques, les plus ardents au travail intellectuel et manuel qui s'exposent le plus volontiers aux dangers de la lutte contre le milieu extérieur, dit de Lancssan; c'est sur ceux-la par conséquent que porte particulièrement l'action redoutable des Yariations brusques des conditions cosmiques, tandis que les faibles et les paresseux, qui sont aussi presque toujours les riches, mis à l'abri du danger par des soins et des précautions de toutes sortes, échappent au péril, se multiplient a l'aise et perpétuent leur faiblesse ou leur p:iressc. Ainsi, de même que pour les autres êtres vivants, la lutte contre le milieu extt'.:ricur est d.1vantagc nuisible qu'utik a l'espèce humaine; si elle entraine une sélection de certains individus et de leur descendance, c'est celle des faibles et des indolents. C'est une évolution descendante et non une évolution ascendante qui résulte de cette sélection. » Les changements de ~limat sont nuisibles à l'Homme. Les races inférieures les évitent le plus possible. Elles s'abstiennent de changer de latitude. Les mecs 'supérieures seules osent se rcpandre par toute la Terre. La Mort les y poursuit. Les cinq parties du monde ont servi de tombeau à des millions d'Européens fauchés par les vicissitudes atmosphériques. Sous nos climats, ne voit-on pas tomber en grand nombre les hommes les plus robustes et les plus vaillants, alors que les faibles et les nonchalants, protégés par leurs infirmités, survivent et font souche? « Combien d'hommes, dans les villes où ils s'entassent, sont cruellement éprouvés par les mauvaises conditions hygiéniques où les place fatalement l'insuffisance de leurs ressources, la nature et lesexigences du travail auquel ils sont assujettis, dit le docteur J. Rengade. N'est-ce point en passant leurs jours dans des logements sant air et sans lumière, en s'exposant au froid, à la chaleur extrême, à l'humidité, n'est-cc point en faisant habituellement usage d'aliments

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