L'EXTENSION UNIVERSITAIRE du moins quant à sa partie septentrionale, tâche à se ressaisir. L'ignorance argumentée triomphe toujours dans les quatre Universités <lites libres; mais l'on sait à quel nouveau risorgimento travaillent, dans les dix-sept autres, des hommes comme Lombroso, Labriola, Enrico Ferri, Guglielmo Ferrero, Scipio Sighele. Cependant, ils ne sont encore entendus ou lus que par une élite infime. Autour d'eux l'épidémie d'atrophie mentale a sévi presqué aussi implacablement qu'en Espagne et Portugal. Avant que, de l'autre côté des Alpes, on puisse s'occuper <le vulgarisation, il faut que les maîtres de Turin et de Rome aient forme des vulgarisateurs, et surtout que les instituteurs soient parvenus à réduire un peu la proportion de ces « analphabets », qui représentent pres des deux tiers de la population. On a beaucoup disserté sur cette décadence intellectuelle des nations méridionales. Toutes les explications proposées pèchent par le fait que chacune d'elles à son tour a été tenue pour absolue. N'estil pas singulier que l'on n'ait toujours votûu voir, à chaque éventualité sociale, qu'une seule cause, alors que l'expérience nous contraint d'enregistrer une multiplicité de déterminantes pour n'importe quel autre genre de phénomène? .Le monde moderne a tellement abusé de la division du travail, ses hommes ·de science se sont, pour la plu part, si aveuglément spécialisés, que la moindre idée générale a grand'peine à s'y coordonner. L'influence du climat ne suffit pourtant pas à rendre compte de l'affaissement d'un peuple. L'atmosphère n'était pas moins lourde qu'aujourd'hui en Italie et en Espagne aux différents âges où dominèrent ces pays. D'autre part la conformation du crâne et le poids du cerveau doivent jouer un rôle d'autant plus restreint, qu'a l'heure actuelle la proportion des dolichocéphales et des brachycéphales est devenue a peu près la même d'un bout à l'autre de l'Europe, et aussi le ·poids moyen de la substance grise. D'ailleurs il a fallu reconnaître l'impossibilité d'établir un rapport quelconque entre les caractères immédiatement sensibles de la machine à penser et le dé\'eloppement de la mentalité. L'évolution économique elle-même ne prévaut point dans la solution du problème. Les races latine et germanique ont conservé chacune leur caractère distinct a travers vingt siècles d'incessante transformation sociale. Cette question des races est vraiment trop négligée. Il est cependant incontestable que n'importe où, évolue une agglomération de Latins, elle ne perd rien de ses tendances centralisatrices. Les Italiens installés en Louisiane depuis deux ou trois générations se sont plei45
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==