La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Le docteur Marie, de Dun-sur-Auron, nous communiquait une page où cette question est longuement examinée. La voici: A l'envisager sous ses diverses faces, le rôle des intoxications dans la genèse des maladies mentales domine la psychiàtrie presque tout entière. Il est évident dans les psychoses dues à l'action d'un poison externe, comme l'alcool, la cocaïne, etc. ; il nous apparaît comme non douteux dans la production des vésanies consécutives aux fièvres, aux lésions du rein ou du foie, aux infections de divers ordres; enfin, il semble intervenir jusque dans la détermination des psychoses en apparence les plus autonomes : la manie, la mélancolie, les folies dégénératives, etc. N'est-on pas, en effet, porté tout naturellement et presque forcément à penser que ces affections mentales, que n'expliquent aucunes lésions histologiques actuellement constatables, doivent dépendre des modifications congénitales ou acquises, permanentes ou accidentelles, des fonctions d'assimilation et de désassimilation de la cellule nerveuse? En dehors de l'analyse chimique qui a révélé dans les liquides de l'organisme, chez les aliénés des modifications de composition aussi sérieuses que variées, l'expérimentation a également découvert dans ces dernières années, chez nombre d'entre eux, des altérations de la toxicité physiologique. Pour la plupart des auteurs, la toxicité de l'urine serait notablement diminuée dans les états maniaques, augmentée au contraire dans les états mélancoliques. De plus, l'urine des maniaques et celle des mélancoliques auraient des effets différents sur les animaux injectés; la première produirait surtout de l'excitation, de la convulsibilité; la seconde de la tristesse, de l'inquiétude, de la stupeur, preuve péremptoire que l'auto-intoxication serait la cause et non l'effet de l'état mental. Comme cela a été constaté dans certaines maladies auto-toxiques, par exemple, l'èclampsie, il y aurait assez souvent dans la folie, toxicité inverse de l'urine et du sang ; dans la manie, par exemple, le sang serait d'autant plus hypertoxique que l'urine est plus hypotoxique. Ces résultats qui, tout incomplets qu'ils soient, montrent par leur concordance à peu près absolue que les phénomènes d'auto-intoxication jouent un rôle important dans les maladies mentales, sont confirmés par les récentes recherches nosologique& sur les folies des maladies infectieuses aiguës, des maladies Yiscérales, des maladies diathésiques. a) En ce qui concerne les psychoses des maladies infectieuses (fiéyre typhoïde, fièvres éruptives, influenza, érysipèle, choléra, fièvre puerpérale, polynévrite, fièvres post-opératoires), l'ensemble des travaux parus tend à démontrer; 1° Au point de vue pathogénique qu'elles sont le résultat soit de l'action directe des microbes, soit de leur action indirecte et médiate par les toxines qu'ils secrètent ; 2° Au point de vue clinique, qu'elles peuvent se présenter à deux moments différents et, par suite, sous deux aspects. Durant le stade fébrile elles reYêtent ordinairement la forme d'un dtflire aigu plus ou moins violent, - tellement analogue au délire toxique qu'on ne le distingue pas toujours du délire alcoolique, - auquel viennent se joindre parfois, comme dans les autres

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